© Sorbonne Universités

Trois questions à Grace Neville, présidente du Comité d’orientation stratégique de Sorbonne Universités

Aujourd’hui professeur émérite de français à l’Université de Cork en Irlande, Grace Neville a été vice-présidente de cette université de 2008 à 2012, en charge de l’enseignement et de l’apprentissage, et directrice de la National Academy for the Integration of Research, Teaching and Learning, une initiative conjointe de plusieurs établissements d’enseignement supérieur irlandais.

Qu’est-ce qui vous a incitée à vous impliquer dans le Comité d’orientation stratégique de Sorbonne Universités ?

En 2013 et 2014, j’ai fait partie du jury qui a évalué les réponses aux deux appels à propositions du Collège des Licences de Sorbonne Universités pour soutenir des initiatives pédagogiques innovantes. Je connaissais donc déjà le projet de Sorbonne Universités et j’avais été séduite par son aspect novateur. Miser sur la collaboration entre établissements, quand, partout dans le monde, la tendance est plutôt à une concurrence croissante, me semble courageux et très positif. En outre, il ne s’agit pas d’un exercice sur le papier, mais bien d’une réalité, dont le Collège des Licences est une illustration. Permettre à des étudiants de licence de combiner différentes disciplines grâce à un système de majeure et de mineures, c’est fabuleux. Soutenir des initiatives pédagogiques aussi innovantes que l’association entre danse, théâtre grec antique et kinesthésie, qui figurait parmi les projets sélectionnés par notre jury, c’est oser prendre des risques. Participer à un tel projet est évidemment passionnant. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai accepté de rejoindre le Comité d’orientation stratégique. 

Comment voyez-vous le rôle de ce comité ?

Là encore, c’est une démarche peu habituelle dans le monde universitaire. Comme moi, la plupart des membres du comité ont sans doute régulièrement participé à des missions d’évaluation. Mais, cette fois, il ne s’agit pas d’évaluer. Sorbonne Universités a ouvert ses portes au regard d’une quinzaine de personnes venues d’horizons et de pays très différents pour les associer à sa réflexion stratégique. Notre rôle est plutôt celui de « critical friends » : des amis, des pairs qui aident à avancer, qui accompagnent avec un regard critique, mais dans une relation d’égal à égal, de respect mutuel et de collaboration. En tant que présidente du Comité d’orientation stratégique, je souhaite inscrire notre groupe dans cette dynamique, en faire une petite communauté vivante, pratiquant la même ouverture d’esprit que celle que Sorbonne Universités a manifesté envers nous.

Que peuvent apporter les membres du comité à Sorbonne Universités ?

Dans presque tous les pays, les universités font face aux mêmes défis : la baisse des financements publics alors qu’elles doivent accueillir un nombre croissant d’étudiants pour répondre aux attentes de la société, la nécessaire internationalisation de l’enseignement et de la recherche… Ou encore la révolution du numérique : comment dialoguer avec des étudiants qui parlent une autre langue que la nôtre, celle du numérique ? Quel est le rôle de l’université à l’heure où ils ont accès à une telle masse de ressources et de savoirs en ligne ? La plupart des membres du comité sont, comme Sorbonne Universités, confrontés à ces interrogations. Il s’agit de réfléchir ensemble sur les réponses les plus pertinentes. Avec cet avantage que nous venons de systèmes très différents de celui de Sorbonne Universités, ce qui permet de poser des questions ou de pointer des faits qui sont des évidences pour nous, mais pas forcément pour nos interlocuteurs.