© Sandrine Grouard - MNHN
DOSSIER

Globo Atlantico passe à la vitesse supérieure

En organisant une première école d’hiver, les partenaires du projet franco-brésilien Globo Atlantico souhaitaient donner un tour davantage interdisciplinaire à leur programme de recherche et de formation sur les changements globaux. Objectif tenu.

Du 26 au 30 janvier 2015, vingt enseignants-chercheurs, chercheurs et doctorants de Sorbonne Universités et dix professeurs et doctorants de l’Université fédérale Fluminense (UFF) de Niteroi, au Brésil, se sont retrouvés à l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer pour la première école internationale du projet Globo Atlantico. 

Lancé en 2013 par Sorbonne Universités et l’UFF, Globo Atlantico vise à construire un programme de formation et de recherche associant des doctorants et des étudiants de master autour des changements globaux et de leurs impacts dans les régions de l’Atlantique Sud : la variabilité du climat à différentes échelles de temps, les enjeux liés à la production d’énergie, les changements environnementaux, l’économie, la santé publique… « Ce projet est par essence multidisciplinaire, mais les chercheurs formant son noyau d’origine étaient principalement des spécialistes en sciences de l’océan et du climat, explique Patrick Da Costa, professeur à l’UPMC et responsable de Globo Atlantico pour Sorbonne Universités. L’objectif de l’école d’hiver était de l’ouvrir à d’autres disciplines : géologie, ingénierie, économie, sociologie, histoire, recherche médicale… Pendant quatre jours, nous avons donc réuni des scientifiques et des chercheurs en sciences humaines et sociales de l’UFF et de la plupart des établissements de Sorbonne Universités : UPMC, UTC, Université Paris-Sorbonne, Muséum national d’Histoire naturelle, Institut de recherche pour le développement, CNRS et Inserm. Chacun a présenté des travaux en lien avec les thématiques de Globo Atlantico, ce qui a permis d’identifier de nouveaux sujets de collaborations entre Français et Brésiliens. » 

Une ouverture sur les sciences humaines et sociales 

« Cette école m’a permis de rencontrer deux sociologues de l’Université Paris-Sorbonne, Renaud Debailly et Philippe Steiner, qui, comme moi, travaillent sur la gestion des déchets, explique ainsi la Brésilienne Claude Cohen, professeure d’économie à l’UFF. Il s’agit d’un enjeu important à la fois pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et pour faciliter l’accès à l’énergie. Nous avons donc décidé de lancer un projet interdisciplinaire sur la socio-économie de la gestion durable des déchets dans les communautés, dont l’objectif est en particulier d’identifier les facteurs influant sur la propension des habitants à coopérer au changement. » 

En même temps que cette école d’hiver, avait également lieu l’appel d’offres lancé par Sorbonne Universités et la Fondation d’aide à la recherche de l’État de Rio de Janeiro (Faperj) pour cofinancer des projets de recherche multidisciplinaires impliquant des chercheurs brésiliens et français. Plusieurs équipes de Globo Altantico, dont Claude Cohen et ses partenaires de Paris-Sorbonne, y ont donc répondu en proposant leur projet.

Prochain rendez-vous en août à Rio de Janeiro

« Cette première école internationale nous a permis de bien avancer sur le volet recherche de Globo Atlantico, souligne Patrick Da Costa. Nous nous appuyons désormais sur un réseau d’une trentaine de chercheurs. Maintenant, il s’agit de développer le volet formation du programme, ce qui sera l’objet de la prochaine école, en août, à Rio de Janeiro. » D’ici là, les partenaires du programme devront proposer des unités d’enseignement internationales adossées à leurs projets de recherche. Ces formations à la carte se dérouleront au sein de Sorbonne Universités ou à l’UFF. Les étudiants de master et les doctorants pourront les suivre sur place ou à distance et se verront décerner un diplôme labellisé « Globo Atlantico ».