© Philippe Bouchet - MNHN

BCDiv décrypte les diversités biologiques, culturelles et leurs interactions

La lutte contre l’érosion de la biodiversité figure parmi les grands défis du XXIe siècle. Porté par le Muséum national d’Histoire naturelle, le Laboratoire d’excellence Diversités biologiques et culturelles – BCDiv – y travaille dans une optique pluridisciplinaire. Ce Labex, qui a financé près de 80 projets depuis sa création fin 2011, est un des fers de lance de Sorbonne Universités sur le front de l’environnement.

BCDiv associe quatre membres de Sorbonne Universités – MNHN, CNRS, IRD, UPMC – et deux établissements externes : l’École pratique des hautes études et l’Université Paris Diderot. Soit un réseau de plus de 700 chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens et personnels administratifs, au premier rang desquels les équipes du MNHN : 60% des forces de recherche du Muséum sont impliqués dans ce Labex. BCDiv s’appuie en effet sur l’interdisciplinarité de leurs compétences pour aborder l’érosion de la biodiversité sous un angle transversal : l’étude des diversités non seulement biologiques, mais aussi culturelles et de leurs liens. « L’érosion de la biodiversité résulte de l’interaction complexe entre des dynamiques biologiques encore mal connues et les activités et comportements des sociétés et de chacun des individus qui les composent, explique Jean-Denis Vigne, directeur du Labex. Ces comportements humains sont souvent vus uniquement comme des causes de dégradation de l’environnement et de la biodiversité. Mais leur infinie diversité dans l’espace et dans le temps est aussi une source d’idées permettant d’inventer de nouveaux modes de vie moins destructeurs. Pour ralentir ou, mieux, stopper l’érosion de la biodiversité, on ne peut donc pas se limiter à mieux la connaître et à en comprendre les dynamiques propres. Dans le même temps, il faut impérativement recenser et comprendre la diversité des comportements des sociétés humaines face à la diversité biologique. » 

21 nouveaux projets en 2015

Pour relever ces défis, BCDiv lance chaque année un appel à projets auprès de ses membres. Les résultats de la consultation pour 2015 ont été dévoilés le 23 janvier : deux doctorats, cinq postdoctorats, cinq missions d’inventaire et de suivi de la biodiversité… En tout, 21 projets ont été retenus par le Conseil scientifique du Labex, ce qui porte à 79 le nombre de projets financés par BCDiv en quatre ans. 

Parmi les travaux de recherche financés ou cofinancés par le Labex depuis sa création en septembre 2011, figurent ainsi deux grandes missions d’exploration de la faune et de la flore en Papouasie Nouvelle Guinée, qui ont permis la découverte de centaines d’espèces nouvelles. Mais aussi une mission d’inventaire naturaliste d’une des dernières terra incognita de Madagascar, menacée par des projets d’exploitation minière et de développement touristique. Ou encore un post-doctorat sur l’évolution morphologique de certains rongeurs en lien avec les changements climatiques et les évolutions culturelles des sociétés humaines qui ont occupé le Maroc depuis plus de 100 000 ans. Sans compter un doctorat sur les interactions entre humains et chimpanzés sauvages dans une forêt d’Ouganda soumise à une forte pression anthropique : quels sont les effets des activités humaines sur les populations de chimpanzés de cette zone (transmission de maladies, mutilations dues aux pièges) et les stratégies d’adaptation des singes, dont le nombre reste curieusement élevé malgré la dégradation de leur habitat et la proximité des hommes ?

Développement de cours en ligne

Outre ces projets de recherche, le Labex contribue aux missions d’enseignement et de formation continue du Muséum. Chaque année, il finance ainsi de cinq à six gratifications de stages de master. Par ailleurs, il a recruté un ingénieur pédagogique chargé de développer la plateforme d’e-learning du MNHN, Carole Francq. « Nous proposons en particulier des ressources en ligne pour les étudiants de master du Muséum, explique cette dernière : supports de cours, bibliographies ou liens vers des sites externes, mais aussi services en ligne plus élaborés. Nous avons par exemple conçu des tests permettant aux étudiants d’évaluer leur niveau dans une discipline, des exercices pour les aider à réviser leurs examens et même des tests de contrôle continu. Nous avons également mis en ligne des modules pour les enseignants du primaire et du secondaire, par exemple sur la classification et l’évolution du vivant ou sur l’enseignement de la biodiversité. Enfin, nous répondons à des appels d’offres, notamment de Sorbonne Universités. Dans le cadre du Collège des licences, nous travaillons par exemple avec l’UPMC et Paris-Sorbonne sur un module illustrant les bénéfices de la transdisciplinarité dans la recherche : Affrodit. » 

En septembre 2014, pour rendre compte de ses premiers résultats et valoriser l’apport des travaux scientifiques qu’il finance, BCDiv avait organisé des rencontres publiques intitulées Nature et culture. Ce point d’étape sera désormais annuel. Rendez-vous fin 2015 pour le prochain bilan.