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« La colocation solidaire : une expérience à tenter »

Étudiant en sociologie à Paris-Sorbonne, Nicolas Devèze est un des cinq « kapseurs » avec lesquels l’Afev Paris a expérimenté son dispositif de « Kolocation à projets solidaires » (Kaps), avant de le déployer à plus grande échelle à partir de la rentrée 2015, en partenariat avec Sorbonne Universités. Trois années durant, il a vécu dans une résidence étudiante du XVIIIème arrondissement, à Max Dormoy, avec quatre colocataires, tous engagés dans des projets sociaux au profit d’habitants du quartier. 

« J’ai d’abord intégré l’Afev en tant que bénévole pour accompagner un enfant en difficulté. C’est une expérience très intéressante. Quand je suis entré à l’université, en 2012, j’ai eu envie d’aller plus loin en devenant « kapseur », d’autant que j’avais besoin d’un logement. Chacun des étudiants de la colocation consacre en moyenne deux heures par semaine à l’accompagnement d’un jeune et trois heures à un projet collectif. Dans notre cas, ce projet concernait deux résidences de bailleurs sociaux de la Porte de la Chapelle, où les locataires rencontraient des problèmes de communication et d’entente entre générations. Notre mission était de contribuer à les rapprocher et à créer du lien social en mettant en place les actions de notre choix. Nous avons par exemple aidé un collectif de locataires d’un des immeubles à aménager un jardin partagé. Nous avons aussi sollicité les autres étudiants des résidences universitaires de Max Dormoy pour aider des habitants qui n’en avaient pas les moyens physiques ou financiers à réaliser des travaux dans leur appartement. Ça a bien marché. Les étudiants se mobilisent volontiers pour ce type de projet et, sur les chantiers, ils étaient encadrés par un maître d’apprentissage du bâtiment, ce qui était formateur pour eux. Nous avons également organisé de nombreuses fêtes de quartier, beaucoup d’animations avec les enfants… C’était passionnant et très enrichissant. D’une certaine manière, c’est un premier pas dans la vie active. On apprend à travailler en équipe, en lien avec des acteurs sociaux, à monter des projets, à les conduire… et à se planter ! De plus, le fait de partager un projet rapproche les colocataires, bien qu’ils viennent d’univers très différents. A mon avis, c’est vraiment une expérience à tenter. »