© PMClab
INNOVATION PÉDAGOGIQUE

Les FabLab au service de nouveaux modes d’apprentissage

Sorbonne Universités encourage l’innovation pédagogique. Son FabLab en est une illustration. Lors du Salon européen de l’éducation, en novembre 2014, il a été convié à présenter ses activités sur le stand du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Un prototype de main robotisée, un compteur Geiger connecté à un smartphone pour alimenter une application destinée à réaliser des cartes de radioactivité ambiante collaboratives… Le FabLab de Sorbonne Universités a profité du Salon européen de l’éducation pour exposer quelques uns de ses projets phares. Et visiblement suscité l’intérêt du public universitaire. 

Lancé à l’initiative de deux enseignants-chercheurs de l’Université Pierre et Marie Curie, Christian Simon (chimie) et Vincent Dupuis (physique), et du directeur du Centre d’innovation de l’Université de technologie de Compiègne, Bruno Ramond, ce FabLab s’inscrit en effet dans une perspective originale. « Le concept de FabLab a d’abord vu le jour dans le monde associatif et reste avant tout un mouvement citoyen destiné à se réapproprier la science et la technologie en mutualisant des équipements et des compétences pour fabriquer soi-même des objets, explique Vincent Dupuis. Notre objectif était de le décliner à l’université : de bâtir un modèle de FabLab universitaire permettant de développer à la fois l’enseignement par projet et l’interdisciplinarité. » 

Une innovation soutenue par le Collège des licences

Cette proposition novatrice s’inscrivait parfaitement dans l’esprit du Collège des licences de Sorbonne Universités, qui entend promouvoir l’interdisciplinarité et l’innovation pédagogique pour favoriser la réussite des étudiants. Elle a donc reçu son soutien et s’est concrétisée par la création d’un FabLab comportant deux pôles : le PMClab, qui a vu le jour fin 2013 à l’UPMC, et le FabLab UTC, ouvert au printemps 2014 à l’UTC. 

Tous deux disposent d’ordinateurs, de machines à commande numérique et d’outillages plus classiques – ressources qui servent désormais de support à des enseignements. « À l’UTC, où les étudiants sont formés à la conception et au design de produits, le FabLab offre un intérêt évident, souligne Bruno Ramond. En conception, ils peuvent aujourd’hui valider les modèles réalisés en CAO en fabriquant un prototype. En design, ils étaient limités à la réalisation de formes simples en mousse ; ils ont maintenant les moyens de réaliser des maquettes plus élaborées dans des matériaux comme le bois ou le métal ou avec une imprimante 3D. »

Vers des projets interétablissements

À l’UPMC, le FabLab est notamment utilisé dans le cadre des Ateliers de recherche encadrés (ARE) mis en place en 2013 pour initier les étudiants de licence à la réalisation d’un travail de recherche, généralement interdisciplinaire, en mode projet. En 2013-2014, un premier ARE en physique-chimie a été proposé à des étudiants de L1. Objectif : fabriquer eux-mêmes des instruments de mesure destinés à caractériser les propriétés physiques de matériaux pour mieux en comprendre le fonctionnement. 

Depuis, le PMClab a servi de théâtre à d’autres ateliers et l’idée est d’étendre le concept à un nombre croissant de disciplines de l’UPMC, tout en développant des actions interétablissements. Dès le second semestre de l’année 2014-2015, l’UTC et l’UPMC prévoient ainsi d’organiser des projets collaboratifs. « Les étudiants de l’UTC pourraient par exemple piloter la réalisation d’un objet au PMClab, en communiquant avec ceux de l’UPMC par visioconférence et mail, explique Vincent Dupuis. Mais les FabLab sont également ouverts aux enseignants-chercheurs des autres établissements de Sorbonne Universités et nous serons ravis qu’ils nous sollicitent sur des projets pour lesquels ils ont besoin de nos compétences scientifiques et techniques. »

Un espace à disposition de tout étudiant de Sorbonne Universités

Gérés chacun par une association étudiante, les deux FabLab sont aussi à disposition des étudiants pour leurs projets personnels, ce qui favorise d’autant mieux les brassages entre disciplines et niveaux d’étude. Accessible à tout membre de Sorbonne Universités à condition d’être adhérent de l’association, le PMCLab compte ainsi plus de 150 étudiants de la licence au doctorat, dont quelques uns de Paris-Sorbonne travaillant sur des drones pour l’observation de monuments et sur un système pour suivre le regard d’une personne sur une œuvre d’art. 

Projets pilotés par des enseignants ou projets personnels, l’intérêt pédagogique du FabLab est en tous cas avéré. « C’est une autre manière d’apprendre, d’autant plus efficace qu’on fait par soi-même et qu’on est très impliqué, souligne Killien Dalle, étudiant ingénieur en génie mécanique à l’UTC et président de l’association FabLab UTC. De plus, la mission d’un FabLab n’est pas seulement de mettre du matériel à disposition du public. Elle est aussi d’assurer le partage des connaissances. Au FabLab UTC, chaque étudiant a accès à une communauté prête à lui expliquer comment utiliser les machines et avec laquelle il peut échanger des idées pour faire avancer rapidement son projet. Parfois, nous organisons même des formations de groupe en amphi et des TP pour que les étudiants ayant des compétences pointues sur un sujet en fassent profiter les autres. C’est un moyen d’approfondir ses connaissances dans des domaines peu abordés dans son cursus universitaire. Et c’est passionnant ! »