DOSSIER

« Nous avons tout à gagner à développer des échanges plus nourris avec la Chine »

Patrick Da Costa est responsable de l’équipe Fluides, réactifs et turbulence de l’Institut Jean Le Rond d’Alembert, une unité mixte de recherche associant la faculté d’ingénierie de l’UPMC et le CNRS. Il faisait partie de la délégation de Sorbonne Universités qui s’est rendue au Harbin Institute of Technology en mars 2014 et, depuis septembre, dirige un doctorant chinois issu de cette université.

Quel est l’intérêt pour vous de développer des coopérations avec la Chine ?
Je travaille sur la pollution et les procédés de dépollution. La Chine étant confrontée à d’importants problèmes de pollution et à la nécessité de développer la recherche pour les traiter, c’est un domaine où il y a matière à nouer des coopérations scientifiques fructueuses.

Comment avez-vous recruté le doctorant chinois que vous encadrez et sur quel sujet va porter sa thèse ?
Lors du séminaire au Harbin Institute of Technology, nous avons visité un laboratoire travaillant sur la combustion où j’ai rencontré cet étudiant visiblement brillant. A l’issue de son master, je lui ai proposé de réaliser une thèse sur les procédés de dépollution des centrales énergétiques au charbon. Ce sujet, stratégique pour la Chine, l’a intéressé et nous avons fait une demande de bourse au China Scholarship Council (CSC) avec lui. Le programme de bourses du CSC spécifiquement destiné aux étudiants chinois réalisant leur thèse dans un établissement de Sorbonne Universités n’était pas encore officialisé, mais le projet était déjà en cours. Le CSC s’est donc montré d’autant plus enclin à financer sa mobilité.

Quelle est, à vos yeux, la plus-value de ce programme doctoral signé avec la Chine pour les chercheurs de Sorbonne Universités ?
Elle est évidente. Trente bourses doctorales par an pendant cinq ans, c’est important. Nous avons tout intérêt à en profiter, surtout à une époque où la recherche française manque de fonds. C’est un moyen de recruter davantage de doctorants chinois, qui, s’ils intègrent une université ou un institut de recherche à leur retour en Chine, pourront continuer à travailler avec nous sur des projets scientifiques et nous envoyer à leur tour des étudiants, au niveau du doctorat mais peut-être également du master, voire de la licence. De notre côté, nous pourrons leur adresser des étudiants français. Il s’agit donc d’une réelle opportunité de développer des échanges plus nourris avec la Chine, auxquels nous avons tout à gagner.