DOSSIER

Chine : de plus en plus d’opportunités d’échanges

En un an et demi, Sorbonne Universités a bâti une palette cohérente d’outils pour passer à la vitesse supérieure dans ses échanges avec la Chine en matière d’enseignement et de recherche. Panorama des nouvelles opportunités de formation, de mobilité et de coopération offertes aux étudiants et chercheurs de la communauté.

Quelque 24 millions d’étudiants, une politique volontariste d’internationalisation de l’enseignement supérieur, un effort de R&D en croissance rapide, le second rang mondial en termes de publications scientifiques, le quatrième pour les dépôts de brevets… La Chine fait clairement partie des régions stratégiques pour le développement international de Sorbonne Universités.

De solides têtes de pont
L’enjeu n’est certes pas nouveau et la communauté est déjà solidement implantée dans ce pays. Elle y compte notamment une dizaine de laboratoires de recherche internationaux associant le CNRS et l’UPMC à des chercheurs chinois. Elle est également membre de deux instituts impliquant des universités françaises et chinoises :

  • l’Université de technologie sino-européenne de l’Université de Shanghai (UTSEUS) : une école d’ingénieurs créée en 2005 par les Universités de technologie de Compiègne, Belfort-Montbéliard et Troyes avec l’Université de Shanghai ;
  • et l’Institut franco-chinois Renmin, dédié aux sciences humaines et sociales, qui a vu le jour en 2010 à Suzhou (à une centaine de kilomètres de Shanghai), à l’initiative de Paris-Sorbonne, de l’Université Paul Valéry (Montpellier), de la Kedge Business School (Marseille et Bordeaux) et de Renmin University of China.

Ces deux structures forment des étudiants chinois, qui peuvent réaliser une partie de leur cursus dans les établissements français partenaires et obtenir un double diplôme français et chinois. L’UTSEUS accueille également des étudiants des trois Universités de technologie françaises, dont l’UTC, en semestres d’échange. Par ailleurs, depuis 2012, elle s’est dotée d’un laboratoire de recherche sur la ville intelligente, réunissant des scientifiques chinois et français : Complexcity.

Un tremplin pour aller plus loin
En s’appuyant sur l’expertise acquise grâce à ces implantations et sur les opportunités offertes par leur regroupement au sein de Sorbonne Universités, les établissements de la communauté entendent aujourd’hui passer à la vitesse supérieure, avec deux priorités : donner à leurs étudiants les moyens de s’ouvrir davantage à la culture de la Chine et développer les coopérations scientifiques avec des universités chinoises.
Dès avril 2013, Sorbonne Universités avait ainsi signé un accord avec le Harbin Institute of Technology, qui fait partie du China 9 (C9), le groupe des neuf meilleures universités chinoises, afin de nouer des partenariats en matière de formation, de recherche et d’innovation. En mars 2014, une délégation de chercheurs de l’UPMC et de l’UTC s’est rendue à Harbin pour dessiner les premiers contours de ces futurs échanges. Entre autres retombées, ce séminaire a permis d’identifier de nombreuses possibilités de coopérations scientifiques sur les matériaux, la robotique, l’informatique, la dépollution… Depuis, un étudiant du Harbin Institute of Technology a d’ailleurs bénéficié d’une bourse du China Scholarship Council (CSC), l’organisme national chinois de soutien de la mobilité universitaire, pour réaliser sa thèse à l’UPMC.

30 bourses par an pour former des doctorants chinois
Une forme de coopération qui va désormais bénéficier d’un coup d’accélérateur. Le 18 septembre dernier, le CSC s’est en effet engagé à financer trente bourses doctorales par an pendant cinq ans pour des étudiants chinois désireux de faire leur thèse dans un établissement de Sorbonne Universités. « Cet accord illustre la plus-value que peut apporter la Comue par rapport à des établissements isolés, souligne Cornelia Marin, directrice International de Sorbonne Universités. Non seulement l’enveloppe du CSC est très conséquente, mais ces trente bourses de thèses par an spécifiquement fléchées vers Sorbonne Universités et son Collège doctoral doivent nous permettre d’être plus visibles et d’attirer des étudiants chinois parmi les meilleurs pour construire un programme doctoral de haut niveau. C’est aussi un moyen de structurer notre politique de partenariats scientifiques avec des universités chinoises.» En effet, l’accord intègre également le financement de séjours d’un à deux ans pour des postdoctorants ou des chercheurs chinois. Mais, de plus, il prévoit la possibilité de thèses en cotutelle ou codirection entre un enseignant-chercheur français et un confrère chinois, ce qui peut contribuer à créer des ponts entre les établissements concernés et aboutir à des programmes de recherche commun. Une disposition qui a déjà trouvé un premier écho, puisque le 28 octobre, Sorbonne Universités, représentée par Alain Storck, président de l’UTC, a signé un accord cadre sur la cotutelle de thèses avec l’Université de Shanghai.

Des cours de chinois et des séjours en Chine pour les étudiants français
Pour nourrir ces futures coopérations, tout en élargissant les compétences et débouchés professionnels de ses étudiants, Sorbonne Universités entend également promouvoir l’enseignement de la langue et de la culture chinoises et les mobilités vers la Chine. Depuis la rentrée 2014, Paris-Sorbonne a donc développé l’apprentissage du chinois en licence Langues étrangères appliquées (LEA). De son côté, dans le cadre du collège des licences de Sorbonne Universités, l’UPMC a ouvert une licence très innovante : Sciences et chinois. Pour proposer ces nouvelles offres, les deux universités ont mutualisé leurs enseignements de chinois.
Par ailleurs, sur appel à candidatures, Sorbonne Universités a sélectionné quinze étudiants de premier cycle de Paris-Sorbonne, de l’UPMC et de l’UTC parlant ou apprenant le chinois pour suivre une école d’hiver multidisciplinaire au Harbin Institute of Technology puis à l’UTSEUS. Cofinancée par Sorbonne Universités et ces deux établissements, elle se déroulera du 26 décembre 2014 au 9 janvier 2015. Pour les étudiants du parcours Sciences et chinois, il s’agit d’une première expérience de mobilité, qui sera renouvelée les années suivantes, l’objectif étant de créer un cursus délibérément international dès la licence.
Enfin, l’UTSEUS organise cette année à Shanghai deux semestres d’échange intitulés Langue, culture et innovation, ouverts aux étudiants de niveau master en sciences de l’ingénieur, mais aussi en sciences humaines. Le prochain commencera le 2 mars 2015. Pour en faciliter l’accès aux étudiants de la communauté (UTC, UMPC, Paris-Sorbonne…), Sorbonne Universités soutient cette initiative via son programme de bourses de mobilité internationale. 

En pratique
  • Pour en savoir plus sur le prochain semestre d’échange Langue, culture et innovation de l’UTSEUS, cliquez ici.
  • Pour vous informer sur la licence Sciences et chinois, contactez Hélène Roussel ou Ariane Lin-Dejean.
  • Pour en savoir plus sur le programme de bourses destiné aux doctorants, postdoctorants et chercheurs chinois, nous contacter.