© ICS/UPMC D’un crâne à un visage : le programme FaciLe, l'un des quatre premiers des Chaires thématiques
© ICS/UPMC. D’un crâne à un visage : le programme FaciLe, l'un des quatre premiers des Chaires thématiques
RECHERCHE

Chaires thématiques : de nouveaux domaines de recherche

Destinées à répondre à des problématiques scientifiques et sociétales, les chaires thématiques de Sorbonne Universités (SU) invitent les chercheurs de ses établissements à se coordonner autour de nouveaux domaines de recherche. Les premières chaires, qui seront mises en place dès septembre 2014, témoignent de l’interdisciplinarité qui caractérise SU. Véronique Atger, sa coordinatrice Recherche, y voit une solide stratégie scientifique.

Destinées à répondre à des problématiques scientifiques et sociétales complexes, les Chaires thématiques Sorbonne Universités (SU) invitent les chercheurs de la future ComUE* à se coordonner autour d’un même domaine de recherche pour le faire émerger. Ce nouveau dispositif, effectif dès septembre 2014, témoigne de l’interdisciplinarité qui caractérise SU. Véronique Atger, sa coordinatrice Recherche, y voit une solide stratégie scientifique : 
« Nos référents Recherche dans les établissements membres connaissent bien les domaines à fort potentiel collaboratif, ceux pour lesquels nous avons toutes les cartes en main pour devenir excellents, ceux qui contribueront particulièrement à l’attractivité de Sorbonne Université, en interne et à l’extérieur! »

Nouveaux domaines de recherche SU
En février 2014, Sorbonne Universités a donc lancé un appel à propositions auprès des chercheurs de la ComUE pour créer de nouvelles chaires de recherche.
Les projets attendus doivent à la fois créer une dynamique interdisciplinaire interne à Sorbonne Universités et attirer des personnalités extérieures de très haut niveau. « Leur expertise – complémentaire de celle des membres de SU – permettra de construire de nouveaux domaines de recherche visibles, solides et productifs issus des savoir-faire conjugués de nos partenaires. À terme, Sorbonne Universités doit être considérée comme LE référent dans ces domaines », affirme la coordinatrice. Les chaires offriront par la suite à d’autres équipes scientifiques SU la possibilité de s’agréger à la dynamique qui aura été créée.
Cette démarche devrait d’ailleurs dépasser le périmètre de la recherche et déboucher sur la création de nouvelles formations. « Nos chaires pourront être à l’origine d’enseignements spécifiques de masters au sein des établissements. Elles contribueront aussi à enrichir la dimension interdisciplinaire qui se développe dans le cadre du Collège doctoral de Sorbonne Universités ».

Engagement et accompagnement des membres
Le budget, à la hauteur de l’enjeu, est conséquent. Sorbonne Universités consacrera jusqu’à 500 000 euros par an pour une chaire. Une somme indispensable au recrutement du titulaire de la chaire, de ses collaborateurs ainsi qu’à certains frais de fonctionnement. 
« Les frais d’équipement reviennent préférentiellement aux établissements membres, au même titre que la mise à disposition des espaces ou des plateformes technologiques », souligne Véronique Atger. « Leur engagement dans le programme et l’accompagnement qu’ils proposent sont indispensables pour donner un sens et une consistance aux domaines de recherche formés par les chaires ».

*ComUE : Communauté d’universités et d’établissements

Mai 2014 : 4 premiers programmes de Chaires thématiques

« Il est indéniable que les actions préalables engagées au sein de Sorbonne Universités pour construire l’interdisciplinarité – Labex, Programme Convergence, Actions transversales structurantes – portent déjà leurs fruits », constate Véronique Atger. « Les 4 projets que nous avons reçus sont issus des 
« rencontres » permises par ces actions antérieures. La construction est véritablement en marche. »

Les quatre programmes conjuguent deux atouts : des projets scientifiques fortement soutenus par les établissements membres de Sorbonne Universités et, pour occuper les chaires senior ou junior, le choix de personnalités emblématiques qui incarnent l’ambition et le caractère novateur de ces programmes, et auxquelles la Lettre de SU donnera la parole dans ses prochains numéros.

HUMANUM : Sciences et patrimoine culturel : Humanisme numérique, humanités numériquescoordonnée par le Pr Didier Alexandre (UMR CELLF, Paris-Sorbonne, Labex OBVIL) et associant Paris-Sorbonne, l’UPMC et l’UTC , la Chaire HUMANUM fait de Sorbonne Universités la première institution scientifique à réunir et afficher – dans sa recherche théorique et pratique et sa formation, de la licence au doctorat – un programme qui associe numérique et savoirs littéraires, savoirs scientifiques en informatique, en mathématiques et en SHS. Le projet HUMANUM développe une réflexion sur l’interdisciplinarité et les questions d’épistémologie, d’éthique, d’humanisme individuel et collectif soulevées par les mutations provoquées par le numérique dans le champ social et le champ des savoirs. Pour développer cette recherche, il s’appuie sur un vaste projet de numérisation de collections patrimoniales des bibliothèques de la Sorbonne et de l’UPMC, en étroite collaboration avec la Bibliothèque Nationale de France.

POLYRE : L’aventure polychrome : matérialité, représentation, réception
Au cœur du projet POLYRE se trouve la couleur, ou plus précisément la polychromie, comme objet d’étude des sociétés passées au travers de la matérialité chromatique, de la représentation esthétique et de la réception des arts du passé. Coordonné par Charlotte Ribeyrol (VALE, Paris-Sorbonne) et Philippe Walter (LAMS, CNRS-UPMC), le projet associe l’archéologie, la physico-chimie, la littérature et l’histoire de l’art autour d’une réflexion innovante portant sur trois périodes : la préhistoire, l’Antiquité et le XIXe siècle. Le rapprochement inédit de l’analyse de textes clés (correspondances, commentaires critiques et littéraires, manuels pratiques) et de données scientifiques (observations et analyses d’œuvres d’art et d’objets archéologiques, chimie des pigments et des liants) va permettre d’évaluer dans quelle mesure le travail des artistes s’inscrit toujours dans les préoccupations de leur temps, reflétant l’avancée des connaissances, au point de participer parfois aux changements de paradigmes culturels.

e-BioMed : outils biomédicaux connectés pour la télémédecine
L’e-santé est un secteur en plein essor qui couvre d’une part la télémédecine – diagnostic, expertise, suivi des patients à distance…– et, d’autre part, l’usage de plus en plus répandu d’outils grand public, comme les smartphones, pour la santé et le bien-être.
Cette thématique fait partie des 4 axes prioritaires de l’Institut Universitaire d’Ingénierie pour la Santé co-fondé par l’UPMC (UFR Médecine et Ingénierie) et l’UTC, et soutenu dans le cadre du programme SATSSU de Sorbonne Universités.
À la rencontre de l’ingénierie et des SHS, l’objectif de la Chaire E-BioMed est de développer de nouveaux outils biomédicaux connectés, avec des applications diverses, notamment dans lemaintien à domicile des personnes âgées, l’aide aux patients souffrant de maladies chroniques, la médecine personnalisée. Cette démarche est par essence pluridisciplinaire et implique des approches de co-conception, où les usagers sont au cœur de la réflexion.
Coordonné par Cécile Le Gallais (DR UMR CNRS-UTC 7338 Biomécanique et Bioingénierie), ce projet se déclinera en programmes de recherche, de formation et d’innovation en associant des équipes de l’UTC et de l’UPMC dans une première phase, puis de Paris-Sorbonne et de l’INSEAD.

FaciLe : Reconstruction cranio-faciale numérique pour la médecine légale
Le programme de cette Chaire thématique SU crée l’opportunité d’engager une approche inédite et ambitieuse fondée sur l’interdisciplinarité autour d’une question d’intérêt scientifique et sociétal : la reconstruction faciale tridimensionnelle à des fins d’identification et de visualisation. L’enjeu consiste à recréer et à visualiser le visage d’une personne (voire d’un animal) dont l’identité est inconnue à partir de la donnée numérisée de son crâne, alors qu’aucun outil numérique fonctionnel n’existe à ce jour. Pour relever ce défi scientifique, la diversité des compétences mobilisées est sans équivalent à ce niveau: anthropologie, biologie, biomécanique, informatique, ingénierie, mathématiques théoriques et appliquées, médecine légale, chirurgie maxillo-faciale, archéologie, histoire.
Coordonnée par le Pr Pascal Frey (ICS UPMC, Labex CalSimLab), cette Chaire, qui associe des équipes de l’UPMC, de Paris-Sorbonne, du MNHN et de l’UTC, ainsi que l’AP-HP et la Préfecture de Police de Paris, va contribuer activement à l’émergence d’un nouveau domaine de recherche et d’enseignement au sein de Sorbonne Universités. Destiné d’abord à la médecine légale et judiciaire, ce programme pourra se déployer ultérieurement dans d’autres domaines tels que l’archéologie ou la bioingénierie.


Contact :
Véronique Atger, Directrice Recherche Sorbonne Universités