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RECHERCHE

Convergence : un programme pour construire l’interdisciplinarité

L’excellence et la diversité des domaines et des spécialités que Sorbonne Universités permet de réunir fondent une stratégie dont l’interdisciplinarité est le premier vecteur et la condition de réponses à des enjeux globaux et complexes, impliquant l’homme, la société et son environnement. C’est aussi l’objectif du programme Convergence qui favorise l’émergence de projets sur des thématiques fédératrices mobilisant des communautés venant d’horizons, de disciplines et d'établissements différents.

L’un des principaux ressorts de Sorbonne Universités réside dans l’excellence et la diversité des domaines et des spécialités propres à chacun de ses établissements membres. En faisant de l’interdisciplinarité le premier vecteur de sa stratégie, Sorbonne Universités crée les conditions d’une orientation de la production et de la valorisation des connaissances vers des enjeux globaux et complexes, impliquant l’homme, la société et son environnement.

L’objectif du programme Convergence est de construire l’interdisciplinarité en favorisant l’émergence de projets sur des thématiques fédératrices mobilisant des communautés venant d’horizons, de disciplines et d’établissements différents.

UN PROCESSUS

En 2013, un appel à manifestation d’intérêt auprès des communautés scientifiques a donné lieu à l’expression de près de 50 propositions thématiques issues de réflexions inter-établissements.L’analyse et la consolidation de ces propositions ont conduit à l’identification de 4 thématiques dont le périmètre et la maturité permettaient le lancement du Programme Convergence.

Chacune des thématiques fait l’objet d’une note de cadrage et de l’organisation d’un colloque permettant la rencontre entre les différentes disciplines et communautés scientifiques concernées. Au cours du colloque, le travail en ateliers permet des échanges, à la fois directs et spontanés entre chercheurs, qui favorisent l’émergence d’interactions et d’idées non anticipées. Les conférences plénières qui ponctuent le colloque positionnent la thématique dans une dimension ambitieuse et compétitive. La troisième étape du dispositif est le lancement d’un appel à projets pour financer l’amorçage de projets collaboratifs autour de chacune des thématiques. Les projets retenus sont financés sur une année à hauteur de 100 k€ maximum.

DES THÉMATIQUES DE RÉFÉRENCE

Sorbonne Universités donne à la communauté scientifique les moyens de l’initiation de collaborations, de la prise de risque et de la preuve du concept pour, dans un second temps, porter la démarche dans le cadre d’appels à projets nationaux et internationaux. L’adéquation entre les thématiques Convergence et certaines des priorités du programme Horizon 2020 de l’union européenne soutient également cette logique.

Le programme Convergence constitue aussi une opportunité pour construire des thématiques qui doivent devenir des références de Sorbonne Universités et se déployer en chaires thématiques et en pôles d’excellence. Les projets soutenus doivent être considérés comme des briques de ces constructions auxquelles Sorbonne Universités contribue à donner leur espace et leur place. Quatre premiers champs ont ainsi été ouverts par Sorbonne Universités dans le cadre du programme Convergence :Société et Environnement, Processus et dynamiques de la Décision, Sciences et Patrimoine culturel et Cycles de la Vie.

SOCIÉTÉ ET ENVIRONNEMENT, UN SYSTÈME HYBRIDE, CULTUREL ET NATUREL

En dépassant les frontières entre disciplines, l’objectif est de développer les recherches portant sur les relations entre l’environnement et les sociétés, couplant les savoirs et savoir-faire des sciences de la nature, des sciences de l’homme et de la société, des sciences de la Matière. On peut ainsi concevoir l’ensemble environnement-sociétés comme un système hybride, à la fois naturel et culturel qui se déploie selon des dynamiques couplant, à différentes échelles spatiales et temporelles, trois types de processus majeurs, culturels, physicochimiques et biologiques.

En travaillant à l’interface sociétés-environnement, l’ambition est de parvenir à comprendre et anticiper les phénomènes et les échelles de ces couplages.

10 projets parmi 26 soumis ont été retenus pour être financés par Sorbonne Universités et porter les premières bases d’une thématique en expansion.

LA DÉCISION : PROCESSUS ET DYNAMIQUES

Si la décision est depuis l’aube des temps au cœur de la réflexion théorique et stratégique, elle s’offre aujourd'hui à de nouveaux questionnements :

Comment et quand l’individu prend-il une décision, à supposer qu’il le fasse réellement ? Les sciences cognitives, neurosciences incluses, apportent un éclairage nouveau.

Quels sont les déterminants sociaux, culturels, historiques de ces décisions ? Les sciences humaines et sociales et les humanités, désormais en mesure d’exploiter de vastes ensembles de données, abordent la question à nouveaux frais.

Comment, à partir des décisions ou des inclinations individuelles, se cristallisent les inclinations et décisions collectives, et quel est en retour l’effet des processus collectifs sur les processus individuels? Les modèles formels issus de la collaboration des logiciens, philosophes et économistes sont confrontés aux critiques des psychologues, politistes, sociologues, juristes, spécialistes de la communication et du management...

10 projets parmi 16 soumis ont été retenus pour être financés par Sorbonne universités et porter les premières bases d’une thématique d’actualité scientifique et sociétale.

SCIENCES ET PATRIMOINE CULTUREL, UN TERRITOIRE SANS FRONTIÈRES

Les études sur le patrimoine culturel portent des enjeux multiples en termes de connaissances et de compréhension des sociétés. Ces études mobilisent une grande variété de disciplines des sciences de l’Homme et des sociétés, allant de l’histoire de l’art et l’archéologie à l’anthropologie ou la géographie, mais aussi les sciences physiques et chimiques ainsi que les sciences de la nature et de l'environnement.

Au croisement des images, des textes, des matières et des techniques, est abordée la question de la matérialité des œuvres et des objets, et dela fonction symbolique de pratiques artistiques et artisanales.

Les enjeux du « déchiffrage » et de la conservation des informations livrées par les objets anciens, les monuments ou les sites sont multiples : replacer les activités humaines dans une reconstitution ou une modélisation de leurs écosystèmes et dans leur dynamique originelle ; retracer l’évolution des chaines opératoires et l’histoire des techniques en éclairant les transformations des sociétés ; proposer des éléments de diagnostic de dégradation et des procédures de restauration ou de conservation ; prendre part à l’élaboration des stratégies de conservation et de restitution du patrimoine culturel vers le public.

La notion de patrimonialisation du savoir scientifique conduit à la confrontation des pratiques artistiques et des usages scientifiques pour remettre en cause une catégorisation qui dissocie œuvres d’art et outils scientifiques, et amener à porter un regard neuf sur le recours aux œuvres d’art et aux artistes dans l’élaboration d’un savoir scientifique.

31 projets ont été soumis à l’appel à projets.

LES CYCLES DE LA VIE ET LE TEMPS BIOLOGIQUE

Le cycle de la vie est l'ensemble des étapes qui vont de la conception jusqu'à la mort. Les questionnements posés par la notion de cycle de vie sont adressés tant par les sciences du vivant (biologie, médecine, écologie, paléontologie), que par les sciences de la culture et de la société (droit, sciences sociales et économiques, psychologie, philosophie), faisant appel aussi à la physique, aux mathématiques et à l’informatique. Paradoxalement, l’augmentation impressionnante des savoirs développés par chacune de ces disciplines a contribué à brouiller la signification globale de l’idée de « cycle de vie ». Chacune des étapes du cycle de vie, fécondation, puberté, reproduction, maintien de l’intégrité, sénescence et mort pose des questions qui doivent être revisitées et approfondies par la confrontation interdisciplinaire.

La plasticité des cycles biologiques est à la base des capacités adaptatives des espèces dans le contexte des changements globaux, climatiques et anthropiques.

Pour l’espèce humaine, à la perception du temps partagé avec les autres espèces, s’ajoute la notion de « conscience » du temps, dont on sait qu’elle varie fortement avec l’âge. La thématique « Cycles de la vie » s’adresse aussi bien aux mécanismes de perception «somatique» que « psychologique » du temps. Le défi est de progresser dans la compréhension de la nature du temps biologique.

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