Travailler en groupe permet de se dépasser

Jean-Michel Becu est actuellement en fin de thèse à l’UTC en traitement de l’information et du signal. Biologiste spécialisé en bioinformatique, pur produit de l’université comme il le dit lui-même, son sujet se situe à l’intersection des mathématiques appliquées, des biostatistiques et de l’informatique. Il revient pour nous sur sa participation aux Doctoriales d’avril 2015.

Qu'attendiez vous de votre participation ? Aviez-vous des a priori ?

De prime abord, ma motivation principale était simplement de glaner les ECTS nécessaires à l’obtention de ma thèse. Les Doctoriales ® ne me semblait pas pire qu’une autre formation mais j’avoue y être allé à reculons. Je n’en attendais pas grand’ chose. Je suis un pur produit de l’université (de Rouen) et j’avais donc une vision très biaisée du secteur privé. En effet, avant les Doctoriales ® quand on me posait la question d’aller dans ce secteur, je répondais toujours par la négative en érigeant une vision magnifiée de l’académique. Aller dans le privé, monter une startup revenait pour moi à vendre son âme au diable sans possibilité de retour dans le secteur académique. Mes a priori étaient fortement négatifs et ma participation devait simplement servir à confirmer mon premier avis sur le secteur privé. De plus se mélanger avec des doctorants venant de tout bord paraissait amusant mais peu constructif.

Comment se sont déroulées les journées pendant le séminaire ? Quelles sont les séances que vous avez préférées ? 

J’avais espéré une sorte de pause - du moins en termes d’investissement personnel - mais ce fut tout l’inverse. Le rythme y était effréné mais il était difficile de faire autrement vu le contenu abordé. Les journées étaient très remplies mais bien équilibrées en matière de formation : parties théoriques, témoignages et ateliers. Les journées étaient également très bien construites pour l’évolution des sujets abordés qui se recoupaient correctement avec les problématiques auxquelles nous étions confrontés dans le projet. J’ai globalement apprécié tous les types de séances où la plupart des orateurs savaient véritablement captiver l’auditoire (Sylvain Allano et Claude Benadon par exemple) même si une minorité de séances étaient moins intéressantes. 

Le fil rouge des Doctoriales ®  se situait au niveau du projet où, dans notre cas, nous devions imaginer une solution permettant à l’AIM, dépendant de l’AFM, de pouvoir mettre en valeur et de monétiser les solutions technologiques innovantes qu’ils avaient développées. C’est sans hésiter la partie que j’ai le plus appréciée de par le travail en groupe - coup de chapeau à toute l’équipe - et l’impression d’être utile étant directement en contact avec Laurent Duhoux (porteur du projet à l’AIM) qui a su nous aider et nous soutenir. Il ne faut pas oublier Lucas et Jean-Christophe, les coachs, sans qui nous n’aurions pas pu aller au bout et qui nous ont accompagnés de manière très humaine sans vraiment dormir non plus.

Pour le projet, il ne faut pas compter ses heures, mais la notion d’urgence et la deadline rapide nous obligent à énormément nous investir, ce qui n’aurait pas forcément été le cas avec moins de pression. Cet investissement a payé et je pense que globalement les projets présentés étaient de grande qualité - même si bien sûr de manière totalement objective - notre projet et groupe étaient les meilleurs. 

Que retiendrez-vous de cette participation ? 

Je retiendrai particulièrement deux choses. La première est dans mon rapport au secteur privé et aux start-ups. Avant les Doctoriales ®, je refusais catégoriquement d’y penser mais maintenant j’y vois un dynamisme et un nouveau champ de possibilités. Je ne pense pas avoir le courage de prendre le risque de monter une entreprise, mais j’avoue fortement penser à rentrer dans ce secteur. Surtout quand on voit l’évolution négative de ce qui risque de devenir une utopie académique…

La seconde chose est l’échange humain durant toute cette semaine et particulièrement dans notre petit groupe de 4 personnes pour le projet. Quand je vois tout le travail qui a été abattu par des personnes ne parlant pas le même langage, avec des origines différentes et qui ont su apporter leurs touches au projet en mettant leur orgueil au placard, je me dis que finalement le milieu des startups ou du privé, doit peut-être y ressembler. La pression nous oblige à nous surpasser, ce qui n’était pas si désagréable, et la multiplicité des problématiques oblige à sortir du microcosme dans lequel nous met souvent le système académique où nous ne voyions qu’un groupe restreint de personnes parlant le même langage.

Conseilleriez-vous aux doctorants d'y participer ? Pourquoi ?

Je le conseille totalement, car cela permet de voir un univers auquel nous ne sommes jamais ou rarement confrontés. De plus, travailler sur des projets réels et non pas conçus pour des raisons pédagogiques, donne l’impression d’être utile et finalement ce n’était pas du temps perdu.