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Frédéric Billiet et le chef d'orchestre chinois Li Jian. © Léo Andrés

3 questions à Frédéric Billiet

Président du Chœur & Orchestre Sorbonne Universités, vice-président de l’Université Paris Sorbonne en charge de la vie étudiante et culturelle

Le COSU a démarré sa saison par deux concerts en Chine. Pourquoi un tel déplacement ?

Nous sommes effectivement partis une semaine mi-septembre donner deux concerts dans le cadre de la 9e édition du China International Youth Arts Festival , à l’invitation de la ville de Shanghai et du district de Fengxian. 60 de nos étudiants de l’Orchestre Sorbonne Universités ont ainsi eu l’opportunité de travailler sous la houlette du chef d'orchestre chinois Li Jian, qui est venu les faire répéter tout d’abord à Paris puis à Shanghai quatre jours durant avant le concert. Ils ont également pu jouer avec une vingtaine d'instrumentistes chinois et les chœurs de l'East China Normal University et du Shanghai Conservatory of Music, ainsi qu’avec le soliste Muye Wu au piano et nourrir leurs pratiques de ces échanges.

Cette expérience inégalable est le résultat direct des échanges qui peuvent se nouer lors du parcours de formation en Master. C’est en effet une étudiante chinoise, diplômée du Master gestion et administration de Paris-Sorbonne (dirigé par Gilles Demonet), qui a facilité la participation du COSU au China International Youth Arts Festival. De retour en Chine, Zhang Xibei a intégré la société Shanghai Audio & Video Publishing House et a naturellement pensé à nous lorsqu’il s’est agi de réfléchir à la programmation. Ensuite, toute l’équipe d’administration du COSU a beaucoup travaillé pour répondre à l’invitation de la Chine et pour assurer la réussite de ce voyage. 

Quels ont été les moments forts de ce séjour ?

Indubitablement, les deux concerts ! Jouer tout d’abord dans l’immensité du Fengxian Conference Hall, pour le concert d’ouverture et le lendemain au Shanghai Grand Theatre, construit par l’architecte français Jean-Marie Charpentier, est une aventure dense, impressionnante et d’une certaine façon qualifiante que personne n’oubliera. Une expérience de scène internationale à cette échelle –Shanghai c’est 25 millions d’habitants !- est inespérée pour des étudiants.

C’est sous la direction du chef Li Jian que cet ensemble a interprété le Yellow River Concerto pour piano avec le soliste Muye Wu, qui fut étudiant à l'UFR de Musique et musicologie de l’Université Paris-Sorbonne et au CNSMDP*, et la Symphonie n°9 de Beethoven. D'abord dans le Conference Hall de Fengxian le 17 septembre devant les responsables nationaux de la Culture, les édiles de la ville et quatre Présidents d'universités de Shanghai. Puis, le 18 septembre, au Grand Theatre, sur la Place du peuple en plein centre de Shanghai, devant un public conquis par le talent de nos jeunes musicien-nes.

Y aura-t-il un après Shanghai ?

Gilles Demonet et moi-même avons pu rencontrer nos homologues de l’Université de Shanghai qui sont demandeurs d’échange. Nous pensons par exemple à des échanges d’instrumentistes, qui pourraient pendant trois à quatre semaines préparer avec nous un concert du COSU. Et vice-versa. Ce ne serait pas diplômant mais facile à mettre en place et prometteur d’échanges ultérieurs facilités. Former des étudiants chinois à l’administration des industries culturelles serait une autre piste, riche de potentialités en termes d’influence de la culture française. Ce serait tout à fait en adéquation avec les partenariats déjà noués entre Sorbonne Universités et la Chine.

* Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris