Axes scientifiques structurants

1. Maîtriser le changement climatique et ses conséquences

Crédits Photo - Adam Kedem

Concilier l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation des sociétés

Au-delà des travaux sur le changement climatique (réduction des incertitudes, meilleure compréhension des mécanismes des systèmes physico-chimiques et écologiques) qui sont menés dans les laboratoires, les impacts et rétroactions impliquant la biodiversité, les sociétés humaines, leurs activités (agricoles notamment) et leurs ressources nécessitent des travaux dédiés, pour aider à construire et soutenir les actions visant à l’atténuation du changement climatique à tous les niveaux de décisions (local/état) et à l’adaptation à l’échelle régionale. L’Institut encouragera les innovations permettant d’établir des ponts entre les méthodologies employées par les climatologues pour connaître le système climatique et son évolution future, et celles des spécialistes de la biodiversité et des sciences humaines et sociales pour élaborer des scénarios, évaluer des réponses, des politiques publiques, et les tester avec des outils de simulation appropriés.

2. Créer les conditions d’un usage responsable et durable des ressources et des énergies

Crédits photo - Karsten Würth

Un objectif est d’anticiper les impacts environnementaux, sociaux, sanitaires de l’usage des ressources, dans le contexte du changement climatique et de la crise de la biodiversité. La problématique de l’utilisation responsable des ressources sera abordée des points de vue à la fois technique et social afin de déterminer les conséquences des politiques à mettre en place sur les filières et d’identifier les obstacles à leur déploiement. Les choix politiques doivent être éclairés par un recours à une analyse systémique multicritères des filières énergétiques et d’exploitation des ressources, tout au long de leur cycle de vie. Des analyses multicritères élaborées à la lumière des résultats les plus récents de la recherche seront produites et proposées pour alimenter les processus d’élaboration de la décision.

3. Gouverner la biodiversité et s’inspirer de la nature

Crédits photo - Benjamin Balázs

La question de la biodiversité est aujourd’hui au coeur de politiques construites et déclinées à différentes échelles. Celles-ci se construisent sur des paradigmes qui apparaissent et parfois s’additionnent avec une ampleur sans précédent : le développement durable (rapport Brundtland, 1987), l’usage par les sociétés des ressources offertes par la biodiversité, les services écosystémiques, les paiements pour services environnementaux ou plus récemment les solutions durables inspirées par la nature. Ces dernières nécessitent une connaissance fine des fonctions qui soutiennent les services écosystémiques notamment leurs contingences et les paramètres qui les influencent : compositions spécifiques, dynamiques écologiques, conditions météorologiques, évolution avec le changement climatique, etc.


À la croisée des axes structurants

Les enjeux et opportunités sociales, les relations entre humains et nature sont des points de convergence entre les axes scientifiques. Les acteurs sociaux sont considérés comme de véritables partenaires de la recherche, à travers l’intérêt que représentent leurs savoirs, qu’ils soient traditionnels, hybrides ou techniques, dans la construction de nos objets et de nos méthodologies. Pour cela seront mis en place progressivement des mécanismes d’échanges réguliers entre chercheurs, gestionnaires, décideurs et industriels, entrepreneurs et collectivités locales sous des formats à tester. Il s’agira de développer une analyse de la construction et de la circulation des savoirs que ceux-ci soient qualifiés de scientifiques, d’usage ou de professionnels, de leur emploi dans la construction des politiques publiques et des points aveugles (les ignorances) construits ou subis.

Un deuxième point de convergence de nature plus théorique vise à interroger la notion de résilience dans le contexte de la transition environnementale, y compris en prenant en compte les longues temporalités, porteuses d’une mise en perspective de cette résilience.