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Shijueshan Wu

La fiction sur la fiction, un jeu de mot ?

Le métadiscours dans la fiction occidentale et sa réception dans la métafiction de l'avant-garde chinois

Métafiction, métadiscours, mise en abyme, narration narcissique... N’ayant pas peur de ces grands mots, je vais descendre de ma tour d’ivoire et vous montrer qu’une thèse littéraire peut être accessible. Au XXe siècle, une métaculture émerge : la métalinguistique, la méta-éthique et la métafiction, etc. Le préfixe « méta », signifie « au-delà de ».

La métafiction est donc la fiction sur la fiction. Il s’agit d’un genre de fiction dans laquelle on réfléchit sur la fiction elle-même. Il y existe une prise de conscience de soi. L’auteur joue avec le récit. Ce genre invite le lecteur à participer à la fiction. Le narrateur qui joue un rôle d’auteur discute sur le processus de création, directement dans le texte. La frontière entre fiction et réalité n’est plus clairement délimitée. L’auteur nous conduit à réfléchir non seulement sur la fiction, mais aussi sur la littérature et sur le langage. Nous pouvons trouver ce genre de texte littéraire aussi bien en Chine qu’en Occident, surtout dans la littérature contemporaine chinoise.

Ma thèse poursuit donc deux problématiques : d’une part, dans quelle mesure la métafiction permet d’élargir l’identité de la fiction. D’autre part, je travaille sur l’influence et la réception de ce phénomène littéraire entre différentes époques et différentes cultures : de l’Antiquité au contemporain, de l’Occident en Chine. Étant donné qu’il y a de plus en plus de fictions qui se réfèrent d’elles-mêmes à son statut, cette étude permet d’approfondir une réflexivité, sur la fiction, sur une discipline, voire même sur l’existence.