Photo de Laetitia Grabot
© UPMC – Pierre Kitmacher

Laetitia Grabot

La conscience du présent : mécanismes cérébraux.

Participer à une discussion, apprécier de la musique, rattraper une balle au vol, ou bien encore se rappeler le cours de sa soirée de la veille… quel point en commun ? L’importance de leur structure temporelle ! En effet, qu’elle soit formulée de manière explicite comme dans le décours d’une soirée, ou implicite comme dans une mélodie, qui n’est qu’une série de notes que l’arrangement rend harmonieuses, l’ordonnance des évènements est nécessaire à de nombreuses activités quotidiennes.

Percevoir l’ordre temporel est, du point de vue du cerveau, une tâche bien plus difficile qu’il n’y paraît : en effet, le cerveau n’a pas d’organe sensoriel du temps, qui serait l’équivalent des yeux pour la vision ou des oreilles pour l’audition, qui puisse lui indiquer qu’un événement s’est produit avant ou après un autre. Il y a donc à l’oeuvre un processus de reconstruction actif de l’ordre temporel. Il arrive parfois que le cerveau se trompe, et ne pas percevoir ce que la réalité montre revient à percevoir… une illusion. Enregistrer l’activité magnétique et électrique générée par les neurones d’individus volontaires pendant qu’on leur montre une telle illusion permet de comprendre quels mécanismes neuraux accompagnent la perception de l’illusion et donc sous-tendent le ré-ordonnancement des événements. Décrypter les bases de ces opérations cognitives sera une première étape pour, à long terme, mieux comprendre les pathologies où la perception temporelle est perturbée, comme la dyslexie ou la schizophrénie.