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© UPMC – Pierre Kitmacher

Charlotte Le Mouel

L'apprentissage de la posture via le mouvement.

Je fais depuis 2015 une thèse à l'institut de la vision sous la direction de Romain Brette. Je cherche à comprendre les liens entre habileté et dextérité, c'est-à-dire en quoi est-ce que ce qu'on apprend à faire peut nous permettre de faire face à la nouveauté. Je m'intéresse notamment au fait que lorsqu'on apprend à faire des mouvements variés (par exemple lorsqu'on apprend un nouveau sport), notre posture devient plus souple, plus stable, plus efficace, ce qui facilite l'apprentissage de nouveaux mouvements. Inversement, lorsqu'on restreint ses mouvements (suite à une blessure par exemple), on développe des problèmes de posture, rendant d'autant plus difficile l'apprentissage de nouveaux mouvements.

Je cherche à comprendre comment le système nerveux apprend à adapter la posture du corps aux mouvements qu'on pratique. J'ai donc développé un modèle mathématique de l'apprentissage de la posture. Ce modèle permet à un robot d'apprendre à tenir debout alors qu'on le bouscule. Si le robot est toujours bousculé de la même manière, il apprend à compenser cette perturbation, mais lorsque la perturbation change, il ne réussit pas à s'adapter et tombe. Si au contraire, pendant l'apprentissage, il doit faire face à des perturbations variées, alors il développe une posture qui lui permet de faire face à de nouvelles perturbations sans tomber. Ce modèle prédit donc que pour limiter les risques de chute, il est important de varier les conditions dans lesquelles on s'entraine à maintenir son équilibre.