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Alexandre Jubelin

"Qui tire de loin ferait mieux d'économiser sa poudre" : pratiques de l'abordage à l'époque moderne.

« Qui tire de loin ferait mieux d’économiser sa poudre » : pratiques de l’abordage et du combat rapproché en mer au début de l’époque moderne Avec la généralisation de l’artillerie à poudre à partir du XVIe siècle, les formes du combat en mer changent profondément, mais progressivement : il devient possible de décider d’un combat à distance, et des alternatives au combat au corps-à-corps apparaissent donc. L’imperfection durable de cette technologie naissante (jusqu’au milieu du XVIIesiècle au moins) crée néanmoins une longue période de transition, où diverses options de combat sont disponibles : les nouveaux outils que sont les armes à feu cohabitent avec les formes anciennes du combat rapproché, en premier lieu l’abordage, aussi efficace qu’incertain et dangereux.

Ma thèse vise donc à comprendre les formes du combat en mer à cette époque : dans quels cas et pour quelles raisons décide-t-on de prendre le risque d’aller se battre au corps-à-corps ? De quelle manière mène-t-on le combat, et comment s’y prend-on pour passer d’un pont à l’autre ? Que comprend-on, et comment s’oriente-t-on dans la mêlée du combat ?

Cette recherche pose donc des questions autour de l’intégration et de la mise en oeuvre d’une nouveauté technique (l’artillerie à poudre) dans un milieu connecté comme l’espace atlantique, où les pratiques circulent entre pays. Mais elle vise également à s’interroger sur l’anthropologie du combat et de la violence, et notamment sur les manières de se préparer à la mort, les armes à la main.