Marine Espinat (Paris-Sorbonne)

Marine Espinat, université Paris-Sorbonne, concepts et langages

Des canards à trois pattes aux madeleines qui pleurent : étude des expressions imagées dans la communication

Chaque langue possède un fonds imagé : les Français voient rouge, les Allemands s’énervent noir. Ces expressions imagées sont fascinantes à maints égards :

  • On doit recourir au sens figuré : gare à celui qui les prendrait au pied de la lettre !
  • On les utilise souvent.
  • Elles sont connues de tous (ou presque) par cœœur.

Mais pourquoi dire les choses de manière « détournée » ? Pourquoi recourir à des formules toutes faites ? Et surtout, comment utilisons-nous ces expressions imagées au quotidien, face à un interlocuteur ?

 

Après avoir analysé leur apparition dans des conversations, quelques éléments sautent aux yeux :

  • Le langage regorge de ces images dont nous n’avons même pas conscience. Elles nous permettent de mettre des mots sur ce qui est difficile à saisir : le temps qui « passe » ; les « hauts » et les « bas » de la vie...
  • Cela correspond à un fonctionnement du cerveau et du langage humains : en transposant ces images dans le langage, nul besoin d’inventer de nouveaux mots !
  • Les expressions imagées illustrent – ou dissimulent : elles nous permettent d’en dire plus ou d’éviter d’en dire trop.
  • Le fait d’activer une image dans une conversation nous pousse souvent à filer la métaphore inconsciemment : nous tissons un réseau d’images dans nos propos.

Ce sujet se prête à des applications dans le cadre de l’enseignement des langues et des stratégies de communication.