Marie Lacroix (UPMC)

Marie Lacroix, UPMC, cerveau

Étude de la consolidation d’un souvenir associant un lieu à une récompense pendant le sommeil

Nous passons un tiers de nos vies à dormir, pourquoi est-ce si important ? Le sommeil servirait notamment à faire du tri dans toutes les informations accumulées au cours de la journée : jeter la majeure partie et consolider ce qui est important. Par exemple, oublier combien de fois j’ai repoussé l’alarme de mon réveil ce matin, mais me rappeler du fou rire de midi avec les collègues.

Ainsi, pendant ma thèse, j’étudie comment notre cerveau choisit ce qu’il va retenir. Pour cela, j’enregistre l’activité électrique du cerveau de souris dans deux structures : l’hippocampe, responsable de la mémoire spatiale (où je suis, où j’ai été) ; et le noyau accumbens, responsable du plaisir.

Lorsqu’elle dort, la souris rêve des trajectoires qu’elle a apprises durant l’éveil, mais elle re-parcourt particulièrement les trajectoires la menant vers une récompense. Comme si elle rejouait cet apprentissage pour le renforcer: une manière inconsciente de répéter sa leçon.

Mon hypothèse est que pendant le sommeil le noyau accumbens est nécessaire à la consolidation des informations d’intérêt, ici il s’agit de l’association entre un lieu et une récompense. L’inhibition de cette structure au moment précis des répétitions de trajectoires dans l’hippocampe diminuerait donc les performances au réveil.

Ces travaux permettront une compréhension fine des mécanismes impliqués dans la consolidation de la mémoire pendant le sommeil, à l’heure où 45% des français se plaignent de mal dormir. Alors, au dodo !