Jeanne-Isabelle Imbert (Paris-Sorbonne)

Jeanne-Isabelle Imbert, université Paris-Sorbonne, littératures françaises et comparéee

Édouard Dujardin et le symbolisme français entre 1885 et 1893

Sans l’écrivain Édouard Dujardin, le symbolisme français n’aurait pas été le même. Durant les années 1885-1893, il imposa par le biais de ses revues et de sa production littéraire un style, une esthétique, en rupture avec les modèles traditionnels attachés à l’idée de représentation ou mimèsis. Dans les locaux de ses revues, il organisait des expositions de peinture, ce qui était très nouveau à l’époque y accueillant les peintres refusés au salon. La musique était aussi à l’honneur, car des concerts y avaient lieu également. Il rassembla autour de lui l’élite artistique.

Violoniste, dramaturge et poète, Dujardin enrichit l’histoire littéraire par l’invention d’une technique romanesque, ayant inspiré au XXe siècle aussi bien Arthur Schnitzler pour la conception du Lieutenant Gustl que James Joyce pour le monologue de Molly Bloom dans Ulysse. Édouard Dujardin est le personnage incontournable de cette fin du XIXe siècle, emblématique de la première phase du courant symboliste, son rôle a été primordial par le trait d’union qu’il établit entre le musicien allemand Richard Wagner et le poète français Stéphane Mallarmé.

Tentant l’impossible union entre les arts, son esthétique explore dans le déplacement générique entre roman, poésie et théâtre les modèles conjoints de la peinture et de la musique. Témoignant de ce parti pris avant-gardiste, citons son œuvre musicale Les Litanies, dont un enregistrement inédit sur Cédérom a été réalisé par nos soins en 2014.