Corentin Bochaton (MNHN)

Corentin Bochaton, MNHN, Holocène, Pléistocène supérieur, archipel guadeloupéen, squamates

Du paradis des serpents au paradis des touristes : 30 000 ans d’histoire d’Hommes et de reptiles en Guadeloupe

On estime aujourd’hui qu’une espèce, animale ou végétale, disparait toutes les 20 minutes avec pour cause l’impact de l’Homme sur son environnement. Et chaque année, des milliers d’espèces s’éteignent avant même d’avoir pu être identifiées. Comment, dans ce cas, avoir conscience de ce que l’on a perdu si l’on ne l’a jamais observé, en particulier pour des animaux disparu il y a plusieurs centaines d’années ?

Mon travail de thèse s’attèle à répondre à cette question en s’intéressant aux lézards et aux serpents de l’archipel de Guadeloupe. L’étude des ossements anciens, parfois datés de plus de 30 0000 ans, retrouvés dans les sites archéologiques de ces îles nous apprend qu’une grande diversité de reptiles les peuplait autrefois. Ces restes archéologiques révèlent également que ces animaux était chassés et consommés depuis plus de 5000 ans par les premiers habitants amérindiens de la Guadeloupe.

Mais la découverte de ces animaux met surtout en lumière l’impact majeur des populations humaines sur la biodiversité car, depuis la colonisation de ces îles par les Européens au XVIe siècle, près de 70% de leurs lézards et serpents ont disparu. Ces découvertes contribuent à tirer une nouvelle fois le signal d’alarme mais elles constituent également un support pour les politiques actuelles concernant la biodiversité.

C’est ainsi que fut par exemple démontré que l’iguane vert, espèce jusqu’ici protégée, n’avait été introduit que récemment par l’Homme et qu’il contribuait à l’élimination de l’iguane natif de ces îles.