Photo de Susanne Fürniss, ethnomusicologue, responsable de l’équipe Systématique et catégorisation culturelles au Muséum national d’histoire naturelle
Susanne Fürniss, ethnomusicologue au MNHN

Enjeux

GeAcMus est un des rouages clés de la politique déployée par Sorbonne Universités pour conforter sa position de pointe dans le domaine de la musique. Explications des porteurs de la chaire.

En quoi GeAcMus nourrit-elle la stratégie de Sorbonne Universités ?

Susanne Fürniss, ethnomusicologue, responsable de l’équipe Systématique et catégorisation culturelles au Muséum national d’histoire naturelle

« GeAcMus innove par son caractère très interdisciplinaire et par sa thématique, mais aussi par son approche comparative. Faire appel aux méthodes de l’ethnomusicologie pour comparer la gestuelle de musiciens jouant d’un même type d’instrument dans des musiques de tradition orale et dans la musique savante occidentale est une première. C’est un autre regard sur le geste instrumental dans la tradition occidentale : d’habitude, nous l’observons de l’intérieur et beaucoup de choses ne nous sautent pas aux yeux parce qu’elles nous semblent aller de soi. Mais si les travaux de la chaire révèlent par exemple des points communs entre les percussionnistes africains et leurs homologues occidentaux, elles n’iront plus de soi.

Objectiver cette comparaison en nous appuyant sur les sciences dures, et notamment la biomécanique, pour mesurer et modéliser les gestes des instrumentistes, est une autre première. GeAcMus doit donc permettre de recueillir des données tout à fait inédites.

Mais ce n’est qu’une première étape. Sorbonne Universités possède des forces très importantes en musique et musicologie et GeAcMus a contribué à mettre en lumière leur potentiel d’interactions. Pour mieux l’exploiter, Sorbonne Universités a créé un Collegium Musicæ, qui a pour objet de fédérer leurs activités de recherche, mais aussi de formation et de valorisation.

En plus des équipes spécialistes du domaine musical déjà présentes dans la chaire, cet institut intègre notamment l’UMR Sciences et technologies de la musique et du son de l’Ircam, dont l’UPMC est une des tutelles et qui fait aussi partie de la communauté. Et à la différence de GeAcMus, qui s’achèvera en février 2017, il a vocation à s’inscrire dans la durée. Les coopérations initiées par la chaire se poursuivront donc dans le cadre du Collegium Musicæ. »

François Picard, chercheur à l’Institut de recherche en musicologie (Iremus) et professeur d’ethnomusicologie à Paris-Sorbonne

Photo de François Picard
Crédit : Youenn Guillard, Conservatoire à rayonnement départemental de Saint-Nazaire.

« La question de fond est : qu’est-ce que la musicologie ? Est-ce simplement des historiens, des historiens de l’art, des ethnologues ou des acousticiens qui s’intéressent à la musique chacun dans leur domaine, ou bien une discipline universitaire intégrant et faisant interagir toutes ces composantes pour mieux se renouveler ?

Avec GeAcMus comme avec le Collegium Musicæ, Sorbonne Universités a opté pour la seconde alternative. Et l’un des grands enjeux de la chaire est précisément d’inventer une nouvelle manière de faire des projets : de former le noyau d’une communauté de spécialistes de différentes disciplines, qui vont non seulement faire émerger des axes de recherche transverses innovants pour les années à venir, mais aussi apprendre à travailler ensemble, développer des outils, des méthodes et un savoir-faire dans le pilotage de projets interdisciplinaires qu’ils transmettront ensuite à d’autres chercheurs.

Autrement dit, GeAcMus va contribuer à nourrir le Collegium Musicæ et à donner d’autant plus de poids à Sorbonne Universités en musicologie. »