Cap sur des coopérations de plus en plus nourries avec Singapour

Une économie extrêmement dynamique, des universités et une recherche de premier plan : Singapour figure parmi les zones stratégiques pour le développement international de Sorbonne Universités. La communauté y comptait déjà plusieurs implantations et, en 2015, y a très nettement renforcé sa présence.

Moins de cinq millions et demi d’habitants sur seulement 700 km2, mais le septième rang mondial pour son PIB per capita, la quatrième place financière de la planète, le deuxième port derrière celui de Shanghai… En cinquante ans d’indépendance, la cité-Etat de Singapour a connu une croissance économique fulgurante et s’est imposée comme l’un des pôles les plus attractifs d’Asie tant pour les multinationales que pour les majors du monde universitaire. Depuis le tournant des années 2000, pour pérenniser son développement en dépit du manque d’espace et de ressources naturelles, la cité-État investit en effet massivement dans la formation et la recherche. Résultat : elle est aujourd’hui en pointe dans de nombreux domaines scientifiques et technologiques ; ses principales universités figurent dans le peloton de tête mondial et, pour poursuivre sur cette lancée, cherchent à nouer des coopérations pédagogiques et scientifiques avec les meilleurs établissements d’enseignement supérieur et de recherche étrangers.

Certains membres de Sorbonne Universités sont ainsi déjà très présents à Singapour. Dès 1999, l’Insead y a ouvert un campus qui n’a cessé de se développer, assurant son rayonnement dans toute l’Asie. Il est désormais le siège du doyen de l’école de commerce et, depuis 2012, abrite une des antennes de l’École internationale de droit Sorbonne-Assas de l’Université Panthéon-Assas. De son côté, le CNRS ne compte pas moins de quatre unités mixtes internationales (UMI) dans ce petit pays, dont trois impliquent fortement l’Université Pierre et Marie Curie. En 2014, il y a d’ailleurs transféré son bureau pour l’Asie du Sud-Est, initialement situé au Vietnam. Et, en novembre 2015, c’est à Singapour qu’il a choisi d’organiser le symposium annuel de l’ensemble de ses UMI en Asie, AUR@SIA

Un partenariat avec l’étoile montante des universités de Singapour

En 2015, en s’appuyant sur les liens noués sur place par ses membres, Sorbonne Universités a donné un coup d’accélérateur à son développement singapourien. En février, la communauté a signé à Singapour un accord de partenariat stratégique avec la Nanyang Technological University (NTU), qui était déjà membre de deux des UMI franco-singapouriennes et figure parmi les établissements progressant le plus vite dans les palmarès internationaux : en seulement trois ans, elle a bondi de 108 places dans celui du magazine Times Higher Education pour se classer 61ème fin 2014 ! 

Suivi d’un accord sur la cotutelle de thèses de doctorat signé en mai à Paris, ce partenariat vise en particulier à développer des collaborations scientifiques entre Sorbonne Universités et la NTU et a d’ores et déjà trouvé des concrétisations en sciences. En février à Singapour, puis en septembre à Paris, des chercheurs de l’UPMC, de l’UTC et de la NTU se sont en effet retrouvés lors de séminaires consacrés à l’énergie, à la physique et à la chimie afin d’identifier de premières thématiques de recherches conjointes (lire l’interview de Paul Indelicato, vice-président recherche et innovation de l’UPMC et président du comité des référents recherche de Sorbonne Universités). Dès cette rentrée, quatre doctorants ont ainsi été recrutés pour réaliser des thèses en cotutelle entre leur université (l’UPMC) et la NTU. De son côté, la NTU proposera prochainement quatre financements de thèses. En outre, l’UPMC va accueillir un premier étudiant du programme d’élite de la NTU pour un stage de recherche en chimie. Baptisé CN Yang Scholars, ce programme propose, dès le premier cycle, un parcours spécifique aux étudiants à fort potentiel afin de les orienter vers la recherche et comporte des séjours dans les établissements étrangers de haut niveau dont la NTU est partenaire. Il constitue donc un vivier potentiel de recrues pour des thèses en cotutelle avec Sorbonne Universités.

Des coopérations à l’étude entre la NTU et Paris-Sorbonne

Le partenariat avec la Nanyang Technological University ne se limite toutefois pas aux sciences dures. Depuis quelques années, cette université se développe également dans les sciences humaines et sociales. En septembre dernier, le doyen de sa faculté d’humanités, arts et sciences sociales, Alan Chan, a donc rencontré à Paris une dizaine d’enseignants-chercheurs de différents départements de l’université Paris-Sorbonne pour échanger sur les coopérations possibles. Là encore, il s’agit d’engager des recherches conjointes, notamment via des thèses en cotutelle. Mais l’objectif est également de développer les échanges d’enseignants et d’étudiants entre Paris-Sorbonne et la NTU. L’université parisienne étudie par exemple la possibilité de mettre en place un parcours spécifique d’un semestre pour les étudiants de la Nanyang Technological University.

 

Un accord avec le premier liberal arts college de la cité-État

Favoriser la mobilité étudiante et enseignante entre Sorbonne Universités et Singapour : c’est aussi tout l’enjeu du partenariat engagé avec le Yale-NUS College. Cet établissement très novateur a été créé il y a trois ans par l’université américaine de Yale et la plus grande université de la cité-Etat : la National University of Singapore (NUS). À l’instar des liberal arts colleges américains, il propose un premier cycle universitaire conjuguant humanités et sciences, avec une spécialisation progressive des étudiants à partir de la troisième année. Mais, en outre, ses programmes sont interculturels et croisent les fondamentaux des traditions orientales et occidentales, de Confucius à Shakespeare, en passant par le Mahabharata hindou ou Aristote. Ce profil en fait un partenaire de choix pour Sorbonne Universités, qui a entrepris de rénover ses licences en favorisant la multidisciplinarité et les ouvertures interculturelles.

Signé en février, l’accord noué avec cette institution ne concerne pour l’instant que Paris-Sorbonne. Mais l’objectif est de l’étendre à d’autres membres de Sorbonne Universités, en particulier l’UPMC qui pourrait proposer des formations de haut niveau aux étudiants du Yale-NUS College se spécialisant dans les sciences. Dès juin 2015, l’UPMC et un autre établissement de la communauté, le Muséum national d’histoire naturelle, se sont d’ailleurs associés à Paris-Sorbonne pour accueillir une quinzaine d’étudiants de Yale-NUS College et leurs enseignants lors d’un Summer Lab consacré aux arts à Paris. Des historiens de l’art de Paris-Sorbonne leur ont proposé des conférences en lien avec les expositions et musées qu’ils visitaient, le Muséum leur a ouvert ses portes pour des séances de dessin et leur a présenté sa collection de velins, tandis que l’UPMC leur a fait découvrir son FabLab. 



Un représentant de Sorbonne Universités à Singapour

De son côté, depuis la rentrée 2015 et durant toute l’année universitaire, Yale-NUS College accueille un philosophe des sciences de Paris-Sorbonne, Fabien Chareix, en tant que professeur invité. Outre ses enseignements, ce dernier a pour mission de représenter Sorbonne Universités à Singapour. Il doit notamment travailler à l’élaboration de programmes courts de mobilité pour les étudiants de la communauté et de Yale-NUS College (écoles d’été, etc.), mais aussi à la mise en place de coopérations en sciences humaines et sociales entre Sorbonne Universités et la NTU. Les accords noués entre Sorbonne Universités et ses partenaires singapouriens devraient donc rapidement trouver de nouveaux développements. 

Tous domaines scientifiques confondus, quatre enseignants-chercheurs de Sorbonne Universités sont présents en ce moment à Singapour.

Une coopération soutenue au plus haut niveau

C’est à l’occasion de la visite d’Etat du président de la République de Singapour en France et en présence de François Hollande que les présidents de Sorbonne Universités et de la Nanyang Technological University avaient signé un accord de cotutelle de thèses entre leurs deux institutions, en mai dernier à l’Élysée.

En septembre, l’ambassadeur de la République de Singapour en France, Zainal Arif Mantaha, a à son tour apporté son soutien à la coopération engagée entre les deux partenaires en ouvrant le séminaire organisé à Paris par Sorbonne Universités et la NTU pour définir des thématiques de recherche communes dans le domaine des sciences. 95 chercheurs et enseignants-chercheurs ont participé à cet événement, dont 22 venus de Singapour.