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Repères

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2015 : deux accords stratégiques

En pleine croissance, le Mexique s’est engagé dans une politique volontariste d’ouverture à l’international pour renforcer ses filières d’enseignement supérieur et sa recherche. La France est un de ses partenaires privilégiés et il figure parmi les zones de développement prioritaires de Sorbonne Universités, qui, en 2015, a noué deux partenariats stratégiques avec des établissements mexicains. 

Le premier vise à développer ses coopérations scientifiques et pédagogiques avec une institution prestigieuse : la Universidad Nacional Autónoma de México (Unam). Cette université est en effet la plus grande et l’une des meilleures d’Amérique Latine, compte des laboratoires de premier plan et concentre une large part des capacités de recherche mexicaines. 

Le second accord a été signé avec le Consejo Nacional de Ciencia y Tecnologia (Conacyt), l’organisme en charge de la recherche publique au Mexique, qui va financer des bourses de mobilité pour des étudiants mexicains réalisant leur thèse dans un établissement de Sorbonne Universités.

Repères

Le Mexique

+ de 120 millions d’habitants, 15e économie mondiale, 2e économie d’Amérique Latine derrière le Brésil.

Les échanges franco-mexicains d’étudiants

3e destination des étudiants mexicains après les Etats-Unis et l’Espagne : la France.

2e en nombre derrière les Américains parmi les étudiants étrangers au Mexique : les Français.

L’Unam

+ de 220 000 étudiants en licence, master et doctorat

50 % de la recherche du Mexique

1/3 des publications scientifiques du pays

Des liens beaucoup plus anciens

Le terreau sur lequel ont éclos ces deux partenariats est d’autant plus fertile que certains membres de Sorbonne Universités avaient déjà des liens bilatéraux solides avec des établissements mexicains. 

L’Institut de recherche pour le développement (IRD) est présent depuis quarante ans au Mexique et a de nombreux accords de coopération scientifique avec l’Unam (en sciences de la mer, écologie, géophysique, biotechnologies, chimie, et sciences humaines et sociales). En 2015, l’IRD a d’ailleurs ouvert sur le campus de l’Unam un bureau de représentation qui est aussi celui de Sorbonne Universités. 

De son côté, l’UTC fait partie des membres fondateurs de la première unité mixte internationale franco-mexicaine, Lafmia (Laboratoire franco-mexicain d’informatique et d’automatique), qui a vu le jour en 2008, et compte deux partenaires mexicains : l’Instituto politécnico nacional et le Conacyt. 

Par ailleurs, un certain nombre de chercheurs des établissements de Sorbonne Universités échangeaient déjà avec des scientifiques mexicains. Des chercheurs de Paris-Sorbonne et de l’UMR Patrimoines locaux & gouvernance (CNRS, IRD, MNHN) travaillent par exemple avec des anthropologues de l’Unam sur le thème de l’alimentation. 

2016 : une série de séminaires scientifiques

Ces liens préexistants ont facilité le rapprochement entre Sorbonne Universités et l’Unam.

Au premier semestre 2016, les deux institutions ont organisé plusieurs séminaires interdisciplinaires. Dernier en date : un atelier prospectif intitulé « Changement climatique et transformations de la société », qui, les 13 et 14 juin, a réuni à Mexico des chercheurs en sciences de la vie et en sciences sociales de l’Unam, de l’IRD (qui était le porteur de l’initiative), du CNRS, du Muséum national d’histoire naturelle et de Paris-Sorbonne. 

« Le Mexique figure parmi les régions du monde les plus vulnérables face aux aléas climatiques, explique Alessandro Rizzo, représentant de l’IRD et de Sorbonne Universités à l’Unam. L’objectif de l’atelier était d’identifier des axes de coopération sur les enjeux liés au climat et sur la réduction des risques de désastre. Nous avons notamment envisagé de constituer un groupe de travail sur les changements climatiques et leurs impacts par le passé, aujourd’hui et dans le futur, et de créer une école d’été internationale sur ces mêmes sujets. » 

Les 30 et 31 mai 2016, un autre séminaire a rassemblé des chercheurs en médecine, en ingénierie et en sciences humaines et sociales à Paris, sur le thème « Vieillissement : mobilité, autonomie et adaptation ». Enfin, les 28 et 29 janvier, Sorbonne Universités et l’Unam ont tenu à Mexico un séminaire intitulé « Cultures alimentaires : transferts, évolutions, santé », regroupant des spécialistes en anthropologie, géographie, sociologie, histoire et biologie intégrative. L’objectif de ces deux manifestations était là encore de faire émerger des projets scientifiques et pédagogiques communs.  

A l’étude : deux projets de master avec l’Unam

Entre autres retombées de ces premiers échanges, deux projets de master sont aujourd’hui à l’étude. Le premier vise à créer un parcours en sciences de la vision, adossé à l’Institut de la vision, au sein du master 2 de Biologie intégrative et physiologie (BIP) de l’UPMC (1), et un parcours jumeau à l’Unam, qui compte également des laboratoires de haut niveau dans ce domaine. 

« L’idée d’une coopération avec l’Unam sur cette thématique est née il y a quelques années, à l’initiative d’un professeur émérite de l’Institut de la vision, Alvaro Rendon, qui est mexicain, explique Patricia Serradas, responsable du master BIP. Le partenariat entre Sorbonne Universités et l’Unam a permis d’accélérer le processus : les deux parcours pourraient ouvrir à la rentrée 2017. Ils permettront de développer les échanges d’étudiants entre nos deux universités. » 

Second projet envisagé : la création d’un master international de géographie dédié à l’alimentation, bâti sur le modèle du master Alimentation et cultures alimentaires de Paris-Sorbonne et commun à cette université et à l’Unam. 

(1) Pour l’instant, les sciences de la vision font l’objet d’une option au sein du parcours Neurosciences du master BIP.

Une antenne UTC au Mexique, des synergies possibles avec l’Unam

De son côté, l’UTC ouvre, à la rentrée 2016, un premier cycle universitaire de deux ans au sein du lycée franco-mexicain de Mexico, en partenariat avec l’Instituto politécnico nacional (IPN). Identique à celui délivré à Compiègne, ce cursus constitue la première étape du cycle d’ingénieur de l’UTC. 

« Les entreprises françaises étant de plus en plus nombreuses et actives au Mexique, il s’agit de former des ingénieurs et chercheurs ayant la double culture, explique Olivier Schoefs, directeur aux Relations internationales de l’UTC. Ce projet ne s’inscrit pas dans le cadre du partenariat entre Sorbonne Universités et l’Unam, mais nous souhaitons l’y intégrer, notamment pour offrir davantage de débouchés à nos étudiants. A l’issue de leurs deux années à Mexico, ils pourront poursuivre leurs études à l’UTC ou dans une université partenaire. Au Mexique, c’est le cas de l’IPN, mais nous souhaitons que ce soit aussi celui de l’Unam. Ensuite, dans un deuxième temps, nous voudrions renforcer nos collaborations scientifiques avec l’Unam et en développer de nouvelles. Pour attirer des enseignants-chercheurs de l’UTC dans notre antenne mexicaine, il est en effet important qu’ils puissent poursuivre des recherches sur place. » 

Bientôt, de premiers doctorants mexicains à Paris

Enfin, l’accord signé avec le Conacyt pour le financement d’étudiants mexicains réalisant leur thèse à Sorbonne Universités a lui aussi pris corps. Au printemps, l’UPMC a proposé 17 sujets de thèse dans des domaines aussi divers que l’écologie, la biologie, la chimie, la physique ou encore les sciences de l’ingénieur. Les premiers doctorants arriveront à la rentrée 2016.