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Yves Berthaud, UPMC (au 2e rang à gauche), lors d’une soutenance de thèse à l’Université de Thiès (Sénégal), avec laquelle il a piloté un Kit Master Nord-Sud. Crédit : Mapathe Ndiaye.

Kits Master Nord-Sud : une démarche de responsabilité sociétale vis-à-vis des universités des pays en développement

Directeur de la faculté d’ingénierie de l’UPMC, Yves Berthaud travaille avec l’Université de Thiès, au Sénégal, depuis sa création il y a près de dix ans. Il l’a aidée à mettre en place son département de génie civil, y donne chaque année des cours et y a codirigé plusieurs thèses. Le programme Kit Master Nord-Sud lui a permis de renforcer ce lien en montant un projet commun entre les masters de sciences pour l’ingénieur de l’UPMC et de l’Université de Thiès, avec pour thématique le comportement des chaussées.

« L’un des principaux intérêts était de faire venir un étudiant du Sud au Nord et d’envoyer un étudiant du Nord au Sud : chacun d’entre eux a pu découvrir un environnement très différent de son univers habituel. Par exemple, à Thiès, les étudiants n’ont pas forcément une table et une chaise ; il fait 35°C à l’extérieur, mais il n’y a ni climatisation ni ventilation, et les coupures d’électricité sont régulières… Pourtant, personne ne se plaint. Pour un étudiant du Nord, c’est une occasion de relativiser ce qui ne lui plaît pas dans son université ! »

Autre atout aux yeux d’Yves Berthaud : le programme Kit Master Nord-Sud était une opportunité pour la communauté Sorbonne Universités d’assumer sa responsabilité sociétale vis-à-vis des universités du Sud, et notamment vis-à-vis de jeunes universités d’Afrique francophone telle celle de Thiès, qui ne figurent pas parmi les priorités des grandes universités de recherche du Nord. « Dans les pays comme le Sénégal, où le nombre de bacheliers augmente, il faut créer de nouvelles universités. Je pense qu’il est du devoir de la France et de ses enseignants-chercheurs de contribuer à leur développement. Nous devons les aider à mettre en place une stratégie de recherche et d’enseignement qui leur permette de monter graduellement en puissance sans être déconnectées de ce qui se fait au Nord, en attendant d’avoir des moyens matériels équivalents aux nôtres. Et qui permette aux jeunes Africains d’étudier chez eux plutôt que de se retrouver en grande précarité dans un pays du Nord où le coût de la vie est infiniment plus élevé. »