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Ernest Agouze, étudiant en master d’informatique à l’UPMC, lors de son stage à l’Université Yaoundé 1. Crédit : Bertrand Granado, UPMC

Kits Master Nord-Sud : des premières coopérations à pérenniser

Responsable de l’équipe Systèmes électroniques au Laboratoire d’informatique de Paris 6 (LIP6), Bertrand Granado cherchait à monter un projet avec l’Université Yaoundé 1 (Cameroun) autour des systèmes embarqués.

« C’est un pays où il y a beaucoup d’applications possibles dans ce domaine. Notamment en traitement de la parole pour la traduction automatique, car de multiples langues s’y côtoient. Mais aussi en environnement et en santé : on peut par exemple imaginer des réseaux de capteurs sans fil pour surveiller la densité forestière ou bien la densité de moustiques dans des zones impaludées, ou encore des systèmes embarqués pour analyser la qualité de l’eau… Or Yaoundé 1, qui est la grande université d’informatique du pays, est encore assez peu présente dans les systèmes embarqués, alors que l’UPMC a une expertise importante du sujet, d’où l’intérêt de coopérer en recherche et formation. »

Le programme Kit Master Nord-Sud est arrivé à point nommé pour effectuer un premier pas dans cette direction. Encadrés par Bertrand Granado et Maurice Tchuenté, de l’université de Yaoundé 1, deux étudiants des masters d’informatique de l’UPMC et de l’université de Yaoundé1, Ernest Agouze et Mathieu Leonel, ont travaillé ensemble sur la conception de systèmes embarqués de reconnaissance automatique de la parole pour la traduction multilingue, sujet qui a permis de croiser la compétence du Nord sur les systèmes embarqués avec celle du Sud sur la problématique applicative. Par ailleurs, Bertrand Granado a fait des cours à Yaoundé 1 et Maurice Tchuenté a tenu un séminaire à l’UPMC.

Bilan concluant. « Nous aimerions pérenniser cette coopération en créant une option commune aux deux masters sur les systèmes embarqués, par exemple sur l’Internet des objets, explique Bertrand Granado. Et nous espérons lancer prochainement des thèses en cotutelle entre Yaoundé 1 et l’UPMC. Les étudiants camerounais sont francophones et ont une véritable soif d’apprendre. Ils constituent un vivier de premier plan pour internationaliser le recrutement de nos doctorants tout en aidant le Cameroun à former ses futurs cadres. »