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Sandrah Rahantanirina, étudiante malgache, lors de son stage de recherche au MNHN

Kits Master Nord-Sud : des mobilités enrichissantes pour les étudiants

Enseignant-chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), Bernard Riéra est un des responsables du parcours Biodiversité et environnements végétaux tropicaux (BEVT), du master Systématique, évolution, paléontologie. Avec un collègue malgache, il a co-encadré un Kit Master Nord-Sud associant le parcours BEVT à un master en biologie et écologie végétales de l’Université d’Antananarivo (Madagascar).

Deux de leurs étudiantes, Li Tian côté français, Hasina Sandrah Rahantanirina côté malgache, ont travaillé ensemble durant cinq mois sur l’impact des activités anthropiques sur le carbone stocké par les végétaux dans une aire protégée de Madagascar : quels prélèvements effectuent les habitants sur les ressources forestières, pour quels usages (plantes médicinales, bois de chauffe…), etc. ?

Li s’est rendue sur place pour recueillir des données sur le terrain avec Sandrah : estimation de l’évolution de la quantité de CO2 stockée par les arbres, enquête auprès de la population sur les végétaux qu’elle utilise, collecte de plantes… Ensuite, les deux étudiantes se sont retrouvées au Muséum pour créer une base de données identifiant les plantes collectées et leurs usages.

« D’un point de vue pédagogique, c’était un projet très intéressant, souligne Bernard Riéra. Les étudiants du parcours BEVT n’ont pas une grande pratique du terrain : en travaillant en tandem avec une étudiante malgache, Li a été plus efficace lors de son stage à Madagascar. Réciproquement, pour Sandrah, venir en France était une occasion de mesurer le niveau d’exigence d’une université du Nord, tout en profitant à la fois d’une information beaucoup plus accessible qu’à Madagascar et d’une certaine multidisciplinarité. Car les deux étudiantes ont été en contact avec des chercheurs d’établissements de Sorbonne Universités intervenant dans différentes disciplines : botanique, géographie, sociologie… »

« Pour moi, ça a été une expérience formidable !, confirme la jeune Malgache. C’était mon premier grand voyage et j’ai découvert la différence entre mon pays et un pays développé comme la France. A Madagascar, les connexions Internet sont très difficiles et, à l’université, nous sommes loin d’avoir une bibliothèque aussi importante qu’au Muséum. Les étudiants français ont énormément d’avantages par rapport à nous ! Grâce à ce stage, j’ai développé mes compétences, notamment en traitement de données et dans l’identification des plantes. Et j’ai beaucoup appris sur ce qu’on pourrait faire à Madagascar en termes de développement durable. » 

Cette coopération du parcours BEVT avec un pays du Sud était loin d’être inédite. Ce cursus est en effet cohabilité par le MNHN et l’UPMC avec l’Institut de recherche pour le développement et l’Université de Dschang, au Cameroun. De plus, il fait partie de Tropimundo : un programme Erasmus Mundus de masters en biodiversité et écosystèmes tropicaux, qui intègre également d’autres universités du Nord et du Sud. En revanche, le programme Kit Master Nord-Sud a permis une première ouverture du parcours BEVT sur Madagascar et pourrait trouver un prolongement, puisque l’Université d’Antananarivo a déposé une demande pour intégrer Tropimundo.