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Crédit : Théo Boissonade, Esad.

Mineures transdisciplinaires thématiques : une offre enrichie et de plus en plus d’étudiants

Créées à l’initiative du Collège des licences de la Sorbonne, les six mineures transdisciplinaires thématiques proposées aux étudiants de l’UPMC, et progressivement à ceux de Paris-Sorbonne, rencontrent un succès croissant. L’offre va donc s’étoffer : en janvier 2017, une nouvelle mineure, consacrée au design et pilotée par l’Université de technologie de Compiègne, ouvrira. Elle sera la deuxième à être portée par un membre de Sorbonne Universités ne délivrant pas lui-même de diplôme de licence.

Enseignement et didactique des sciences, Gestion, Innovation en santé publique… Le Collège des licences de la Sorbonne soutient la création de mineures transdisciplinaires thématiques destinées aux étudiants de L2 et L3. Consacrées à un sujet transversal, à l’interface des sciences exactes et des sciences humaines, elles accueillent pour l’instant principalement des étudiants de l’UPMC. Mais elles s’ouvrent peu à peu à ceux de l’Université Paris-Sorbonne, qui est en passe d’adopter le système majeure/mineure. « Ces mineures transdisciplinaires thématiques permettent aux étudiants d’élargir leurs savoirs et leurs compétences pour être mieux armés dans un monde où les relations entre science, technique et société sont de plus en plus complexes, explique Alexandre Guilbaud, enseignant-chercheur à l’UPMC chargé de leur coordination. Pour les étudiants de l’UPMC, c’est une opportunité de replacer leurs connaissances scientifiques dans un contexte plus large, en lien avec des questions sociétales. Et c’est une ouverture très utile pour leur insertion professionnelle, car, de plus en plus, les recruteurs cherchent des candidats capables de répondre à des questionnements allant au-delà de leur discipline d’origine. En outre, les étudiants ont accès à un choix élargi de masters, puisqu’ils peuvent poursuivre soit dans la discipline de leur majeure, soit dans un domaine en lien avec leur mineure. »

Les mineures transdisciplinaires thématiques rencontrent d’ailleurs un succès croissant. Pour l’instant, il en existe six, offrant en moyenne 25 places chacune. En 2016-2017, elles totalisent quelque 140 étudiants en L2, première année du parcours, et, globalement, font donc quasiment le plein.

Une découverte du design centré sur l’expérience utilisateur

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Les étudiants de la mineure Design construiront des objets qu’ils expérimenteront avec des utilisateurs.

L’éventail des thématiques transversales proposées est d’autant plus vaste que l’UPMC et Paris-Sorbonne ne sont pas seules à s’investir dans la mise en place de ces mineures. Bien qu’ils ne délivrent pas diplôme de licence, d’autres établissements de Sorbonne Universités s’y impliquent également. Ainsi, une nouvelle mineure, dédiée au design et portée par l’Université de technologie de Compiègne, va bientôt voir le jour : son module d’introduction (en L1) débutera en janvier 2017 et les enseignements de L2 à la rentrée 2017.

Elle vise à faire découvrir aux étudiants les bases du design des outils numériques (objets connectés, services en ligne, produits interactifs de tous ordres…) et les fondamentaux d’une approche originale : le design centré sur l’expérience utilisateur (user experience design, en anglais). Cette méthode repose en particulier sur l’observation des pratiques et rituels quotidiens des utilisateurs potentiels d’un produit ou d’un service, le but étant de concevoir des objets leur offrant la meilleure expérience possible : plus utiles, plus faciles à utiliser, plus attractifs… « Les enseignements s’appuieront beaucoup sur le “ faire ”, souligne Anne Guénand, enseignant-chercheur à l’UTC et responsable de cette mineure. Les étudiants construiront des propositions techniques et auront accès aux équipements du site UPMC du FabLab de Sorbonne Universités pour passer de l’idée à la preuve de concept. Ensuite, ils observeront comment les utilisateurs se saisissent de ces propositions, comment les objets ou services conçus modifient leurs rituels quotidiens. »

Des débouchés professionnels facilités

Les cours seront assurés par des enseignants de l’UTC, de l’École supérieure d’arts et de design d’Amiens (Esad) et de l’UPMC. L’UTC délivre un master « User experience design », l’Esad un DNSEP « Design numérique » (grade de master), et les deux établissements ont créé un double diplôme. Les étudiants ayant suivi la mineure Design pourront notamment postuler à ces différentes formations. « C’est un atout pour eux, car ces cursus préparent les futurs acteurs du design de l’expérience utilisateur et offrent de nombreux débouchés professionnels, note Anne Guénand. Mais c’est aussi un atout pour nous, car cette mineure va nous permettre de former des étudiants qui pourront intégrer nos masters en étant déjà préparés à penser la complexité du monde de demain. De plus, elle accueillera des étudiants de l’UPMC et de Paris-Sorbonne. Elle contribuera donc à diversifier les profils des étudiants du master de l’UTC, qui viennent déjà d’horizons très différents. » 

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La mineure Patrimoine, sociétés, relations Nord-Sud comporte de nombreuses visites de sites.

Une autre mineure transdisciplinaire thématique avait déjà été créée à l’initiative de membres de Sorbonne Universités ne délivrant pas eux-mêmes de diplôme de licence : Patrimoine, sociétés, relations Nord-Sud, qui est coorganisée par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD). « Pour les enseignants-chercheurs du Muséum, comme pour les chercheurs de l’IRD, il est toujours intéressant de transmettre des savoirs issus de nos recherches à des étudiants de licence, explique Thomas Ingicco, maître de conférences au MNHN et responsable de la mineure. Cela fait partie de nos responsabilités. Et, pour les étudiants, cette mineure est une voie inédite pour intégrer plusieurs masters de membres de Sorbonne Universités, dont ceux du Muséum : en particulier “ Quaternaire et préhistoire ”, “ Environnement : dynamique des territoires et des sociétés ” ou encore “ Muséologie, sciences, cultures et sociétés ”. »

Elle propose en effet une découverte de domaines en lien avec les sciences naturalistes (anthropologie, primatologie, préhistoire, paléoenvironnement et paysages d’aujourd’hui, muséologie, etc.), mais aussi une ouverture, plutôt rare en licence, sur les pays du Sud, au cœur des recherches de l’IRD et, pour beaucoup, du MNHN. Une partie des cours est ainsi assurée par des chercheurs du Sud. La formation comprend également de nombreux déplacements : découvertes de collections, visites du Musée de l’Homme, du parc zoologique de Vincennes, de laboratoires de l’IRD… 

Cette année, son module d’introduction (qui aura lieu au semestre 2) devrait accueillir une cinquantaine d’étudiants et les parcours de L2 et L3 comptent chacun 12 étudiants, dont les profils vont en se diversifiant. Si, l’an dernier, la plupart des étudiants de L2 suivaient une majeure en biologie, beaucoup viennent désormais aussi des sciences de la terre, des mathématiques, de la physique et de la chimie. De quoi les préparer d’autant mieux à l’interdisciplinarité indispensable au monde de demain.