Cabinet médical virtuel

UESN : un cabinet médical virtuel pour former les paramédicaux

Le projet Unités d’enseignement en simulation numérique (UESN) de l’UPMC vise à renforcer la professionnalisation des orthophonistes, orthoptistes, psychomotriciens et infirmiers dès leur formation initiale grâce à la simulation de consultations avec des patients virtuels. Une innovation qui permettra aussi de développer la formation continue.

Aujourd’hui, dans le cadre de leur module d’Évaluation des pratiques professionnelles, les étudiants en orthophonie de l’UPMC font des études de cas sur papier pour apprendre à poser le bon diagnostic et prescrire la rééducation appropriée : en dernière année, toutes les six semaines, un cas clinique correspondant à une pathologie donnée (dysorthographie, troubles du calcul, AVC, traumatisme crânien…) leur est soumis par écrit, avec un questionnaire sur la prise en charge adaptée.

Demain, grâce au projet UESN lancé par le Département universitaire d’enseignement et de formation en orthophonie (DUEFO) et soutenu par le Collège des licences de la Sorbonne, cet apprentissage prendra un tour beaucoup plus réaliste. Via leur ordinateur ou tablette, les étudiants s’immergeront dans un cabinet médical virtuel, face à un patient tout aussi virtuel : un mannequin numérique en 3D paramétré pour représenter un cas clinique précis, avec lequel ils pourront dialoguer et interagir. En pointant sa tête, ses oreilles ou sa bouche, ils disposeront d’éléments sur les troubles dont il est atteint (IRM, audiogrammes, bilan de langage, corpus oraux, écrits…). Si besoin, ils procéderont à des examens complémentaires. Puis, ils devront définir des axes de rééducation : par exemple, pour les suites d’un AVC, décider s’il faut travailler en priorité la parole, le langage ou la compréhension. 

Une réponse aux nouvelles exigences du diplôme d’orthophoniste

« Pour chaque cas clinique, les étudiants réaliseront ainsi plusieurs consultations qui les amèneront à poser un diagnostic, initier un traitement, donner des conseils au patient et assurer son suivi, explique Peggy Gatignol, directrice pédagogique du DUEFO et porteuse du projet. Ces simulations leur permettront de mieux se préparer aux réalités de la prise en charge rééducative et seront un moyen efficace de faire face à l’allongement de la formation initiale en maîtrisant nos coûts. » Depuis 2013, le certificat de capacité d’orthophoniste a effet le grade de master et représente 5 158 heures d’enseignement en cinq ans au lieu de 2 840 heures en quatre ans. Grâce au cabinet médical virtuel, l’UPMC va donc développer plusieurs UE en ligne, de la L2 au M2, qui contribueront à répondre aux nouvelles obligations du diplôme. 

En outre, une partie de ces UE sera dupliquée pour la formation continue. Les orthophonistes diplômés avant 2018 (date de la première promotion de M2) et plus encore avant 1987, où le cursus se limitait à 300 heures sur trois ans, devront en effet se mettre à niveau par rapport aux exigences du master. Le cabinet médical virtuel d’apprentissage leur offrira une solution souple d’autoformation en ligne.

Mutualiser des cas cliniques avec d’autres cursus paramédicaux

Par la suite, les modules d’e-learning de l’UPMC pourront aussi être proposés à d’autres centres de formation en orthophonie. Ceci moyennant des royalties qui permettront de financer la mise en ligne de nouveaux cas cliniques. Un modèle économique qui assurera la pérennisation de cette innovation pédagogique.

Le projet UESN ne se limite toutefois pas aux orthophonistes. Les filières de formation initiale, de niveau bac + 3, des orthoptistes, psychomotriciens et infirmiers, avec lesquelles le master d’orthophonie compte plusieurs UE communes, en sont également parties prenantes. « L’objectif est de mutualiser les cas cliniques concernant plusieurs disciplines, explique Peggy Gatignol. Celui de l’AVC pourrait par exemple être étendu aux étudiants psychomotriciens pour travailler la dextérité du patient et aux étudiants infirmiers pour divers soins telle la prévention des escarres. »

Afin de s’ouvrir aux autres disciplines couvertes par Sorbonne Universités, ce projet impliquera aussi des équipes de Paris-Sorbonne, notamment des linguistes, que les cas cliniques de patients souffrant de troubles du langage intéressent. 

Informations pratiques

Contact

UPMC

Peggy GATIGNOL

Tél : 0140779604

Paris-Sorbonne

Franck Neveu